« Le tombeau des héros est le cœur
des vivants », disait André Malraux. Je crois que la France devrait méditer cette citation et s’en imprégner profondément.
En ce jour de défilé du 14 juillet, fête des armées dans laquelle la République rend hommage à ses soldats, où les pays africains sont mis à l’honneur, il est des situations qui ne peuvent être oubliées. Chaque drapeau a ses héros, chaque époque pleure ses morts et voici le XXIème siècle qui salue ces hommes qui tombent chaque jour, loin de la terre de France, pour protéger des valeurs de paix universelle. J’aurais aimé que ce défilé leur soit dédié, à ces héros anonymes tombés pour la France en Afghanistan, même si un hommage leur a été fait, par le défilé des soldats de retour de la brigade La Fayette (à l’exemple du 3e régiment d'infanterie de marine de Vannes et du 6e régiment du génie d'Angers).
Il est des nouvelles dont on se passerait bien et qui endeuillent cette entrée dans la période estivale. La presse, laconique, la télévision, en fin de JT, annoncent cette nouvelle comme un anniversaire macabre.
Les Etats-Unis en Irak, la coalition en Afghanistan ne peuvent que déplorer les morts militaires et civils pour une action de paix censée apporter la stabilité dans une région agitée de soubresauts depuis des dizaines d’années. L’ingérence politique, le devoir d’intervention contre l’obscurantisme, sont des conditions nécessaires à la présence de soldats étrangers sur un territoire. Les guerres d’Irak et d’Afghanistan sont totalement différentes sur ce fragile motif justifiant l’intervention. La France s’est d’ailleurs distinguée du reste du monde lors du discours historique et courageux de Dominique de VILLEPIN au siège de l’ONU, expliquant la position de la France sur sa non-intervention en Irak.
La lutte contre les talibans justifie la présence française à elle seule. Notre pays n’est plus une puissance coloniale, elle est une force militaire pour le maintien de la paix. Cela fait une grande différence : on ne parle plus de guerre mais de mission de maintien de la paix. Cela est tout à fait paradoxal et doit rendre, en termes de communication, l’honneur aux soldats morts pour une juste cause.
Plusieurs questions se posent : quel rôle peut continuer à jouer la France sur l’échiquier planétaire ? Celui-ci est-il affaibli par le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN ? La voix de la France est-elle encore entendue dans le concert des Nations ? Quelle image avons-nous dans les pays dans lesquels nous intervenons au titre du maintien de la Paix ?
Les réponses, à mon sens, sont à la fois politiques et philosophiques, deux items qui fonctionnent souvent bien mal ensemble. En matière de géopolitique, la présence de la France sur le terrain d’opérations internationales marque le fait qu’elle reste une puissance politique forte, capable de mobiliser des hommes et de l’argent. Cela permet de rester également une puissance dans le domaine de la diplomatie, une sorte d’intermédiaire recherché pour éviter les conflits armés. Sur le plan philosophique, et cela n’engage que moi, qui suis très attaché aux valeurs gaullistes en la matière, la présence de la France à l’étranger, et notamment en Afghanistan, est la preuve que la défense des droits de l’Homme, que la défense des plus faibles face aux exactions, que la défense des droits de la femme, sont des valeurs humanistes qui perdurent et perdureront. Bien évidemment, nous ne pouvons imposer ces principes par la force. Par contre, celle-ci se justifie lorsque les droits fondamentaux de l’être humain sont bafoués par des religieux extrémistes qui ne propagent que la haine.
La France, en ce sens, a encore un rôle important à jouer.
Sur le plan humain, la mort d’un soldat est toujours une tragédie qu’aucun mot ne pourrait justifier. Mais peut-il y avoir une guerre, une intervention militaire sans décès ? Cela est impossible. La Nation doit être solidaire envers ces héros qui tombent aux champs d’honneur, qui sacrifient leur existence au nom des valeurs universelles qui font la France.
Je crois que ces hommes et leurs familles méritent mieux que ces quelques lignes ou images dans des médias friands de rumeurs, de calomnies et de scandales. Que peuvent bien penser ces soldats français qui partent en opérations de l’image que les élites donnent de leur pays ? Là aussi, ils méritent beaucoup, beaucoup mieux !
Un héros, c'est celui qui fait ce qu'il peut. Les autres ne le font pas. Romain Rolland











Au mois de mai dernier,
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