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Vie quotidienne


Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 16:57

Il s’agit d’un nouveau mode de communication dans la vie politique. Il ne se passe pas une semaine, sans que l’actualité nous relate ici un dérapage, là une rumeur. Bref, le fait médiatique est devenu un ingrédient incontournable de la vie politique, entre scandales et clapotis.

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Certains ont bien compris comment tout cela fonctionne : ils s’arrangent pour créer un événement qui fera parler, en bien ou en mal, peu importe, de soi. Car, ceux-là, pour être intégrés dans la cour du roi, pensent qu’il faille exister par le buzz. « Je m’expose donc j’existe ». C’est, ce que les journalistes appellent la peopolisation de la politique.

Pour ma part, cela représente surtout le populisme, la pire tare de la société politique, qui conduit inévitablement à tous les extrémismes.

 

Parlons-en, de l’extrémisme.

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi, alors que le texte sera forcément annulé, le gouvernement s’obstine à produire un projet de loi sur l’interdiction totale du voile intégral. Il ne s’agit pas d’un simple « risque juridique », comme l’affirme le Premier Ministre, mais bien d’une erreur politique sur le fond. En effet, le texte ayant une chance d’être annulé, sous l’angle duquel il souhaite le présenter, la République se décrédibilise encore face à des fondamentalistes religieux qui n’en demandaient pas tant : on leur offre une véritable tribune politique. Les voilà avec une victoire à peu de frais, qui va avoir un impact fort à l’extérieur : la France est faible face aux extrémistes. Catastrophique. Mais là encore, on privilégie la communication (la cible, l’électeur de droite), avec un message fort (interdiction du signe extérieur emblématique de l’islamisme) qui perdra de sa force dans les conclusions du Conseil constitutionnel (déjà établies juridiquement par l’avis défavorable du Conseil d’Etat). Le droit, y compris la Cour européenne des droits de l’homme, rappellera la France à l’ordre. Je ne suis pas certain que l’électeur de droite soit finalement séduit par cet échec. On pourrait même imaginer un deuxième tour en 2012 mettant face à face FN et PS… La dignité de la femme ne passe pas par une voix offerte à ceux qui les oppressent : il faudrait interdire les signes ostensibles dans les lieux publics, pour des raisons évidentes de sécurité , puisqu’il faut un argument purement juridique, alors que les islamistes veulent placer les citoyens sur le plan du religieux qui est difficilement discutable.

 

Il en est de même sur la sécurité.

Le thème revient de manière récurrente : souvent, en période électorale !... Le Petit Journal de Canal+ (bien connu de notre Députée en matière de buzz sur l’épisode consternant du porte-parolat de l’UMP) revient régulièrement sur les déclarations du Président en la matière depuis son poste au Ministère de l’Intérieur. N’évoquons pas, non plus, certains Ministres qui tirent plus vite que leur ombre, ne laissant pas la justice ou la police faire leur travail en toute confidentialité : l’excès de transparence peut ainsi tuer les règles les plus élémentaires de la démocratie.

 

Je ne m’étendrai pas plus sur l’échec des annonces concernant la taxe carbone, le Grenelle de l’Environnement, le pouvoir d’achat, etc. Le citoyen est déboussolé par cette manière de gérer les dossiers, en rafale, trop souvent à l’émotion, tout en oubliant les problèmes fondamentaux des Français. Ce n’est pas moi qui le dit, mais l’ancien Premier Ministre Alain Juppé.

 

A Bussy nous avons également des spécialistes du buzz dans l’équipe municipale.

« Je n’augmenterai pas les impôts », « je préfère l’emprunt à l’impôt », « mon bilan : je regarde par ma fenêtre », « les officines occultes empêchent Bussy d’emprunter », « c’est la faute de l’Etat », et autres buzz abracadabrantesques, pour reprendre la formule consacrée, de nos chers élus de la majorité. Je pourrais en écrire des pages et nous passerions ensemble un bon moment 

 

Je tire une sonnette d’alarme : à force de dire tout et n’importe quoi, à force d’avoir un comportement ambiguë, à force de prendre les gens pour des imbéciles, les élus de cet acabit renforcent le sentiment de rejet envers le politique. Combien de fois ai-je entendu pendant la campagne électorale des municipales ou lors des élections nationales, le populaire « tous pourris ». C’est simpliste, mais gagne du terrain. Une poignée jette l’anathème sur les 600 000 élus qui gèrent leur mandat avec honnêteté.

 

Maintenant, il faut se poser quelques questions :

Suffit-il d’être honnête pour faire de la politique ?

Suffit-il d’être compétent pour faire de la politique ?

Suffit-il d’être animé par l’intérêt général pour faire de la politique ?

La réalité me souffle que non ; la morale me souffle que oui. Toujours est-il que chacun fait son choix et le suffrage tranche.

 

Bref, chers blogueurs, comme le disait Victor Hugo avant l’heure du buzz (buzz, transcrit en français par « ramdam » : faire du bruit) : la rumeur est la fumée du bruit. Mais comme il n’y a jamais de fumée sans feu …

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie quotidienne - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 18:07

En cette veille d’élections, point de départ d’un marathon qui va se poursuivre tous les ans jusqu’en 2014 (2011, les cantonales ; 2012, les législatives et les présidentielles ; 2014, les municipales), je ne souhaite pas entrer dans le débat politique, mais évoquer le rôle de l’institution régionale.

IdFL’Île-de-France, du fait de sa taille, de son poids économique, est une collectivité importante qui ne doit pas être considérée par les citoyens franciliens comme éloignée de leurs préoccupations quotidiennes. Le millefeuille territorial a donné aux collectivités des compétences exercées de plein droit dans le cadre de la décentralisation. Ainsi, la Région intervient sur les dossiers liés à l’aménagement du territoire, aux transports, à la protection de l’environnement ; elle gère les lycées (infrastructures)  et a une mission relative à l’enseignement supérieur ; elle investit dans la formation professionnelle et l’emploi ; elle participe au développement économique du territoire ; elle finance les processus de construction de logements et participe à la rénovation urbaine des quartiers ; elle soutient l’activité culturelle, etc.

Les champs de son intervention sont donc très étendus. Pour cela, il faut des moyens. En 2009, le budget de la région a été de 4,5 milliards d’€. Les transports régionaux, par exemple, ont mobilisé ¼ du budget (notamment pour "l'amélioration de l'offre de service sur le réseau du RER A", le prolongement de la ligne du RER E, l'extension du tramway...).
La réforme de la fiscalité, par la disparition de la TP ne devrait pas trop « sanctionner » la Région ; la réforme territoriale devrait, elle, en bouleverser le mode de fonctionnement, par une sorte de « fusion » entre le Conseil général et la Région représentés par les mêmes élus, les conseillers territoriaux, réduisant de moitié le nombre de représentants.


Justement, les élus régionaux... Ils sont organisés en groupes politiques.

Quels sont-ils ?
Socialistes et apparentés : 60 membres

Majorité présidentielle : 37

Les Verts : 28 

Groupe Communiste alternative citoyenne républicain et parti de gauche (CACRPG) : 27

Groupe Démocrate et Centriste (DC) : 17

Radicaux de gauche et élus apparentés (Rageap) : 9 

Front national (FN) : 9

Centre et apparentés : 8

Groupe Républicain radical et citoyen (2RC) : 8

Nationaux et indépendants (NI) : 6
11 listes sont actuellement et officiellement déposées pour les prochaines élections régionales.

Avec ses 209 élus régionaux et ses 10.000 agents, la Région est donc une collectivité à part entière, partenaire essentiel des politiques que peuvent conduire les communes.
Bussy n’échappe pas à ce schéma de dépendance financière dans ses projets : les équipements culturels et sportifs (salle de spectacle, dojo), les projets d’aménagements (CPER - Contrat de projet Etat-Région - dans son dispositif GP3, éco-quartier, NQU - Nouveau Quartier urbain), le projet de pôle gare, les transports en commun, etc. sont des dossiers financés par la Région.


La volonté du Président de la République, dans la réforme territoriale qui s’annonce, est de réduire le millefeuille institutionnel, mêlant compétences et circuits de financements. Je pense que le principe est bon et nécessaire. Mais il faudra être vigilant quant à sa mise en œuvre. En France, lorsque l’on veut simplifier, on fait une réforme qui, dans les faits, complexifie encore davantage les choses.

La région est un partenaire essentiel : il ne restera que cette collectivité lorsque l’Etat se sera totalement désengagé du devenir des communes et de leurs regroupements (les intercommunalités). Ce bloc, Région/Communes est le garant de la décentralisation, cette organisation voulue par De Gaulle et qui, aujourd’hui, semble subir les assauts des partisans d’un État fort localement. Pourquoi pas ? Mais, en échange, il faut des structures libres de leurs choix de politiques de développement, confortées par des moyens financiers justes et un contrôle de l’État adapté.

Ne perdons pas ce qui a été acquis : la libre administration des collectivités. Le fait que le « patron » des territoires redevienne le Préfet n’est pas sans poser de question quant au devenir de la décentralisation. D’ailleurs, a-t-elle déjà vraiment existé ? L’exemple de Bussy est à ce titre très paradoxal : l’Etat y joue un rôle prépondérant d’aménageur mais, laisse la collectivité seule face à la partie de la dette qu’il lui impose. S’agit-il d’un modèle de développement, de ce modèle de développement que le Préfet imposera demain aux collectivités ?

La période est passionnante pour celles et ceux qui s’intéressent à ces évolutions institutionnelles. Nous, élus locaux, acteurs territoriaux, sommes en train de vivre l’Histoire de notre territoire.

Donc, les 14 et 21 mars prochains, allez voter !

 

L’Ile de France en quelques chiffres (INSEE)

þ 8 Départements pour 1.281 Communes (23 ZUS sur les 85)
þ 11,7 millions d’habitants en 2009 ( 20e métropole mondiale) 
þ Age moyen : 36,6 ans en 2005 (France métropolitaine : 39)


þ
552 milliards € de PIB en 2008 ( 5e PIB des aires métropolitiaines mondiales)

þ 29 % du PIB de la France
þ 5,4 millions d’emplois (22 % de l’emploi français total), dont 84 % dans le tertiaire
þ Chomage : 7,9 % (9,1 % pour la France) / Création d'entreprises : 16.700 (2009)

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie quotidienne - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

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