Je me suis toujours passionné pour les études liées à la sociologie des populations. Elles sont une source
inépuisable de renseignements pour les décideurs et, plus particulièrement, les politiques.
J’avais déjà, sur mes précédents billets, traité de l’impact de la crise mondiale sur la société française, ayant pour conséquence, entre autres, la « paupérisation » de la classe moyenne.
Souvenez-vous : la campagne présidentielle avait été axée sur cette thématique et le candidat, Nicolas Sarkozy, s’était proclamé Président du pouvoir d’achat. Cependant, la crise est passée par là entre temps et, à mi-mandat, une étude de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social a été rendue publique en septembre et une autre de l’INSEE vient d’être produite le 17 novembre.
Globalement, le pari politique du Président de la République est gagné, mais les situations individuelles des Français restent très contrastées.
En effet, les inégalités sociales sur le prisme du niveau de vie baissent, en moyenne. Il a été constaté que les écarts entre 10% des Français les plus riches et 10% des plus pauvres ne cessent de diminuer ces dernières années, grâce à une augmentation constante du niveau de vie.
Cependant, seulement 36% des français estiment avoir un niveau de vie relativement stable. A contrario, 1 français sur 3 a vu sa situation subir des variations d’au moins 30%, à la hausse comme à la baisse, selon le Monde. Ce point est considérable : des situations de chômage, de divorce, de retraite, etc. peuvent expliquer ces écarts importants.
D’autres chiffres intéressants de cette étude : 20% des ménages aisés disposent de 40% du revenu disponible, les 20% des plus modestes s’en partagent 8%.
Enfin, la classe moyenne a vu sa part de niveau de vie baisser de manière très sensible. Cela s’exprime par « un rattrapage par le bas et une distanciation par le haut ». Il s’agit bien, dans cette réaction, de l’expression d’un profond malaise, lié à une certaine forme de dissolution des repères. Il avait été dit que « l’ascenseur social» ne fonctionnait plus, aujourd’hui sa mécanique est grippée.
Qu’en est-il à Bussy ? Comme dans toute ville de France et de Navarre, la crise est passée à Bussy en faisant les dégâts que nous connaissons.
Contrairement à ce que certains voudraient bien nous faire croire, il n’y a pas que de « riches » habitants buxangeorgiens. Il y a également des difficultés sociales qui restent encore,
pour moi, complexes à envisager car nous n’avons pas de données transmises, notamment via l’analyse obligatoire du CCAS. Dans les rencontres que j’ai, à titre personnel ou via
les remontées que l’on me fait par mon équipe, je constate que la situation évoquée par l’étude de l’Insee est reportable : les proportions peuvent varier entre les « plus riches et les
plus pauvres », mais la classe moyenne souffre à plusieurs niveaux.
Tout d’abord, elle s’est beaucoup endettée pour s’éloigner de la première couronne, devenue inabordable, et trouver une relative qualité de vie. Cependant, elle souffre d’une raréfaction des services ainsi que d’une saturation des transports pour se rendre à Paris.
Elle est également touchée de plein fouet par une augmentation constante des impôts qui la pousse à revoir ses équilibres budgétaires (et pour certains à revenir en petite couronne).
Un accident de la vie et c’est la catastrophe : une femme divorcée avec enfant peut rester difficilement sur la ville, sauf de pouvoir intégrer un logement social, dont la pénurie est aujourd’hui criante. Un salarié qui se retrouve au chômage ne pourra pas trouver facilement un emploi dans l’Est parisien, l’essentiel des pôles économiques majeurs de tertiaire étant à l’ouest. Et le coût des transports n’est pas négligeable dans l’économie familiale…
Les entreprises ont également enduré cette crise : des enseignes ont fermé, d’autres sont en souffrance et je pense que la création de l’Agence de Développement Economique de Bussy, dans laquelle l’opposition est présente et très active, pourra faire des bilans importants.
Pour conclure, Bussy va sortir fragilisée de la crise dans un contexte budgétaire extrêmement préoccupant. Les Buxangeorgiens vont devoir participer financièrement, encore et encore, par leurs impôts, afin de maintenir un minimum de services de proximité. Demain, la perte du revenu de la taxe professionnelle, les nouvelles contraintes liées à la réforme territoriale, les impacts budgétaires qui vont en découler, me font craindre des « dommages collatéraux » sur ces populations déjà fragilisées, qui ne pourront subir une seconde vague d’une crise, interne, cette fois-ci.
J’invite la majorité à bien peser les décisions politiques qui vont se prendre dans les semaines qui viennent, comme par exemple le lancement de la ZAC du Sycomore, ou bien la régularisation de nos relations avec les partenaires, notamment avec l’EPAMARNE. Il y a bien des choses à revoir…









Avec ce titre provocateur, je voulais lancer un pavé dans la marre.
E
Comme beaucoup d’étudiants, j’ai été, pendant mon cursus universitaire, profondément
bouleversé par ce « roman de la vie » qu’est Tristes Tropiques.


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