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Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 19:22

Japon Fotolia 23396482 XSLe tremblement de terre a eu lieu il y a une semaine au Japon et les images diffusées, rappelant étrangement la fiction de Roland Emmerich, le Jour d’après, me hantent encore.

Comme vous, j’ai vécu en direct devant mon écran l’arrivée du tsunami et je n’en croyais pas mes yeux : comment une telle chose est-elle possible ? Notre « mère-nature » peut se déchaîner au point de renverser littéralement des villes entières : les voitures, les bateaux, les maisons ont été balayés comme des fétus de paille, en un instant. Des familles entières ont été emportées par des vagues de la taille d’un immeuble de 5 étages arrivant à des centaines de kilomètres/heures !

Autant de milliers d’âmes parties en quelques minutes sans que personne n’y puisse quoi que ce soit… Le désastre humain est marqué par des milliers de familles décimées, des survivants ayant tout perdu. Autres conséquences immédiates : des villes rayées de la carte, une industrie au point mort, une puissance économique fortement ébranlée…

 

Comme en 2004, nous nous sentons tous asiatiques et c’est la solidarité internationale qui abolit alors nos frontières culturelles et physiques.

Mais le pire n’est peut être pas encore arrivé : un tsunami nucléaire, cette fois, peut embraser un pays déjà traumatisé par cette force apocalyptique. Et toucher également l’ensemble de la planète, comme ce tragique accident de Tchernobyl. Après tant de douleurs, le pays, et la planète, sont confrontés à l’attente de l’inéluctable qui conduirait à la fusion d’un ou plusieurs réacteurs. Si nous avons tous été impuissants face à la violente vague océanique, nos Etats déploient toute leur ingéniosité pour éviter une vague de pollution inédite sur la planète.

 

Face à ces catastrophes à répétition, je suis ébahi par le stoïcisme de la population japonaise, par le courage de ces « kamikazes modernes », luttant dans la centrale de Fukushima. Comment aurions-nous réagi, nous, Français, face à cela ? Tous les commentateurs ont salué la force de ce peuple, certes préparé aux tremblements de terre, mais pas à celui-là, ce big one, qui a modifié l’axe de rotation de la Terre, et qui laissera de profondes séquelles physiques, économiques et mentales. Cependant, un proverbe ne dit-il pas du Japon « sept fois à terre, huit fois debout » ?

 

Alors, en ces jours difficiles, je voulais avoir une pensée pour les Japonais, ceux qui sont sur place, mais également pour les Japonais vivant en France et à Bussy, ainsi que pour nos compatriotes français restés au Japon.

Par Yann Dubosc - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 09:16

Joie, Amour, Engagement

 

 Voici les quelques traits caractérisant Muriel au quotidien. Nous avons souhaité, en accord avec sa famille et ses parents, lui rendre hommage. Il y  a des personnes qui marquent leur passage ici bas et Muriel fait partie de ces personnages que l’on ne peut oublier.

 

 Nous nous sommes connues, en 1998, sur le chemin de l’école Charles Perrault, nous passions du temps sur le parvis de l’école à échanger sur nos jeunes enfants, l’école, l éducation, l’avenir… Des discussions du quotidien, mais profondément partagées. Peu à peu nous nous sommes engagées comme parents d’élèves, puis dans les associations, à la paroisse, pour elle, et ensemble, en politique… Toujours le même souci de l’intérêt de l’autre, elle aimait s’impliquer dans tout ce qui l’entourait. Dans son travail, dont elle me parlait beaucoup, en qualité de déléguée du personnel, elle organisait sans cesse avec soin des sorties, voyages, cadeaux… Elle disait que le personnel doit se plaire sur son lieu professionnel.

 

 Muriel s’appliquait à fond dans tout ce qu’elle entreprenait et ne comptait pas son temps pour remplir son rôle de maman, d’épouse, auprès de la paroisse pour initier les jeunes enfants et de citoyenne, pour construire l’avenir de notre commune… Elle était à l’écoute des autres et avait soif de connaissances. Elle ne cessait de vouloir comprendre l’autre qui était différent mais qui apportait tant de richesses à ses yeux. Et souvent elle me disait, mais pourquoi certaines personnes sont indignes et viles, alors que l’on a tellement de choses à faire ensemble et à partager.

 

Son dernier souhait m’a profondément touchée. Je la cite : "Pardonnez-vous les uns les autres ... Et aimez mes enfants comme vos enfants".

 

Nabia PISI

 

 

04LECAM.jpgNotre amie Muriel LECAM s’est éteinte jeudi 4 novembre, dans la matinée, des suites d’une longue et grave maladie. Ses obsèques ont eu lieu hier, à l’Eglise Notre Dame du Val de Bussy.

 

Il est toujours très difficile d’exprimer ses sentiments dans ces instants que marquent la douleur et le chagrin. Mais, il est vrai que la présence de tant de personnes à l’Eglise, unies par Muriel, par ce qu’elle représentait pour chacun de nous est une émotion puissante. Nous avons tous un petit bout de l’histoire de sa vie.

 

J’ai rencontré Muriel lors de la campagne des élections municipales de 2008. Muriel était une battante, au caractère bien trempé (sûrement ses origines italiennes !), au langage franc et aux idées toujours humanistes.

 

Muriel était engagée dans la vie sociale : elle fut une représentante des parents d’élèves et elle s’est beaucoup impliquée dans la vie paroissiale. Elle se mettait au service des autres sans rien demander en retour. Elle menait ses engagements avec force et respect.

 

Lorsque je l’ai vue pour la première fois, elle m’a accueilli avec son sourire qui voulait simplement dire « bienvenue ». Elle m’a accueilli comme j’étais, sans juger, et très rapidement m’a offert son amitié. A moi-même, ainsi qu’à ma famille et surtout à ma fille, Cyrielle âgée de trois ans et demi.

 

Je me souviens d’une situation qui nous a bien fait rire, Muriel et moi : je suis allé déjeuner avec des amis dans un petit restaurant dans le 13ème, il y a plus d’un an de cela. Le repas débute, animé et convivial, lorsque j’entends un rire qui ne m’était pas inconnu ou indifférent, mais que je ne situais pas immédiatement. Je poursuis le repas, mais ce rire familier continue à éclater dans mon dos. Je finis par me retourner et là, je vois Muriel, hilare, qui me salue avec ce beau sourire qui était le sien. Encore récemment, elle me reparlait de cet épisode qui la faisait encore bien rire. Je suis retourné dans ce restaurant et les souvenirs ont afflué telle une vague, et il m’a semblé entendre son rire une nouvelle fois ! Il pourrait y avoir des milliers d’anecdotes de la sorte, ces instants privilégies que l’on vit avec quelqu’un et qui restent dans la mémoire.

 

Mais, il y a des combats qu’il est presque impossible de remporter. La maladie, cette épreuve du corps et de l’âme l’a, paradoxalement, beaucoup grandie. Muriel est une grande dame, jusqu’au bout, qui s’est occupée du chagrin des autres avant de partir, qui a combattu jusqu’à la dernière minute et qui, profondément croyante, a remis son âme à Dieu avec une certaine forme de sérénité.

 

Muriel m’a beaucoup impressionné. Elle avait 43 ans.

 

Je pense à son mari et à ses deux enfants, ses parents et ses amis, tous unis dans la douleur et la tristesse. Je voulais lui rendre ce dernier hommage car c’est ce qui reste lorsque le chemin de la vie se poursuit.

Par Yann Dubosc & Nabia Pisi Voir les 0 commentaires

Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 21:50

Pablo CASALSDurant les vacances, j’en profite pour me détendre avec mes nouvelles acquisitions discographiques de l'année.


J'ai ainsi redécouvert un homme, un musicien exceptionnel : le violoncelliste de génie, le fameux Pablo Casals. Ceux qui me connaissent savent que je suis moi-même violoncelliste. J'ai découvert le violoncelle à l’âge de 4 ans, grâce à ma cousine, elle-même virtuose. J'ai pratiqué cet instrument merveilleux pendant 14 ans. Je devais en faire mon métier, mais le destin a voulu que je me contente de le pratiquer avec passion.

Mon maître fut disciple de Paul Tortelier.

 

J'ai une autre passion jointe à la première : la musique baroque. A ce titre, j'ai créé avec la directrice de la culture de Marne et Gondoire, un festival de musique baroque qui se déroule fin janvier, Frisson Baroque, et qui a accueilli cette année le Didon et Enée de Purcell. Les spectateurs en pleuraient, émus de la beauté de cette œuvre interprétée par une jeune compagnie réunie spécialement pour cet événement.

 

Mais pourquoi Pablo Casals ? Tout simplement parce qu’il a ressuscité l'œuvre majeure des violoncellistes, à savoir les VI suites de Bach. Il les a étudiées pendant 12 ans pour atteindre la perfection de l'interprétation, jusque-là inégalée même par Rostropovitch ou actuellement Queyras.

Cet homme, catalan fougueux réfugié à Prades, en France, lieu d'un merveilleux festival, fut également un humaniste luttant contre toutes les injustices : il refusa de jouer pour le IIIème Reich et s'opposa très tôt au franquisme.

Sur le plan musical, outre l'œuvre de Bach, dont il donna de nombreuses récitals dans le monde (au siège des Nations Unies ou à la Maison Blanche devant les Kennedy), il créa de grandioses ensembles artistiques (quatuors, musique de chambre), et prit la tête d'orchestres prestigieux dans les quatre coins de la planète, de Paris à Vienne, de Londres à Porto Rico.

Il enseigna avec fougue et passion, distillant son savoir musical, teinté d'un profond humanisme. Notre époque troublée manque cruellement de ce type d'homme. La musique est un vecteur universel de paix. Le XXIe siècle trouvera-t-il son Pablo Casals ? Rien n'est moins sûr, hélas !

Écoutez ce disait de lui l'un de ses prestigieux contemporain, Thomas Mann : "j'ai une vénération très profonde et une admiration teintée d'allégresse en face d'un homme dont l'art impétueux se lie au refus le plus strict de pactiser avec le mal... Il est devenu le symbole
d'un art intransigeant, le symbole de l'union inébranlable de l'art et de la morale. La fragile espèce humaine a toujours eu besoin d'hommes qui sauvaient son honneur. C'est avec joie que je reconnais que son existence est pour moi comme pour des milliers d'hommes une source de bonheur.
"

Enfin, Romain Rolland disait de lui : "un grand homme qui sait ce que rester humain veut dire".

 

Des mots à méditer pour notre époque tourmentée. J’avoue que je tente de m’inspirer, jour après jour, de la vie de ces grands hommes. L’affligeante vie politique de Bussy, entre un Maire passant son temps entre deux avions, et une députée brocardée par le Petit Journal de Canal + ou, plus récemment, par le Canard enchaîné, me pousse à me réfugier dans cette musique céleste qui élève l’âme et qui me donne la force de dépasser le ridicule. Elle me donne le courage de poursuivre, de continuer à me battre pour des causes que je sais justes. Le temps me donnera raison !

Par Yann Dubosc - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Actualité

Du 21 au 27 mai : Festival Printemps de Paroles, Parc culturel de Rentilly

 

26 mai 2012 : Les Foulées de Bussy

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