Samedi 15 décembre 2007
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Première partie
A la fin de la seconde
guerre mondiale,
la France va entrer dans une phase de croissance et renouveau important.
Le « Baby boom » et l’industrialisation modifient profondément le paysage et
la structure de notre pays.
L’Etat décide alors d’anticiper les problèmes en réservant des zones précises en vue d’une future urbanisation.
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En 1962, le Général de Gaulle crée 5 Villes Nouvelles autour de Paris : Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en-Yvelines, Evry Ville
Nouvelle, Melun-Sénart et Marne-la-Vallée. Marne-la-Vallée est pensée pour être un pôle de croissance d’intérêt national et régional d’envergure européenne.
Ce territoire a été jugé prioritaire par la Région et l’Etat pour, notamment, ses capacités foncières, sa proximité avec la capitale et son
accessibilité.
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1972 voit la création de l’EPAMARNE[1]. Cette entité administrative est
« l’architecte » qui a pour vocation d’organiser et d’aménager le territoire. C’est à cette période que débutent les
travaux des RER A et B.
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1983 : la loi du 13 juillet 1983 fixe le cadre général du statut des agglomérations nouvelles. Son article premier indique que
l’objectif est de contribuer « à un meilleur équilibre social, économique et humain des régions à forte concentration de population grâce aux
possibilités d’emploi et de logement, ainsi qu’aux équipements publics et privés qui y sont offerts ».
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1985 voit la naissance officielle de l’agglomération nouvelle de Bussy-Saint-Georges suite au
décret ministériel du 4 avril 1985 et l’arrêté préfectoral du 15 octobre de la même année.
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Marne-la-Vallée est constituée de 4 secteurs[2], le 4ème
étant né avec l’implantation d’EuroDisney Paris. Chaque secteur regroupe plusieurs communes. Bussy-Saint-Georges appartient au secteur 3 et fait figure d’exception
puisque Bussy en est le principal pôle de développement.
Dans ce contexte, trois acteurs participent à son développement : le SGGOU ou Secrétariat Général aux Grandes Opérations d’Urbanisme (représentant l’Etat),
l’EPAMARNE et la Ville.
A suivre…
[1] EPA : Etablissement Public d’Aménagement de Marne-la-Vallée. Il résulte du Schéma Directeur d’Aménagement
et d’Urbanisme de la Région parisienne publié en 1963.
[2] Secteur 1 : Noisy-le
-Grand/Villiers sur Marne, Secteur 2 : le Val Maubué, Secteur 3 : Bussy-Saint-Georges, secteur 4 : le Val d’Europe.
Par Yann Dubosc
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Mercredi 12 décembre 2007
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Le mois dernier, j’ai été interviewé par une journaliste allemande de RFI, qui réalisait un reportage sur les villes nouvelles « à la
française ». Elle a été très surprise de voir comment Bussy avait été conçue sans tenir compte des besoins en services de la population.
L’idée de ville-dortoir ou de ville-pyjama comme le disent les anglo-saxons (qui est une expression plus agréable) est encore forte.
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Comme un cinquième de la population, je suis installé à Bussy depuis 2005. Très vite, j’ai constaté que la Ville ne possèdait pas de vie sociale significative
ni de culture commune d’appartenance.
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Le constat est simple : le développement de la ville a été réalisé en prenant les problématiques à l’envers. L'urbanisation a été
pensée avant l’aspect social de la ville. L’exemple du centre ville est symptomatique. Les lieux et les temps forts, nécessaires à fédérer et offrir
la rencontre, l'échange et l'enrichissement mutuel pour permettre la connaissance des différentes cultures en présence sur le territoire de Bussy, n'existent pas. L'absence de lien
social entre les habitants empêche le développement d'un sentiment d’appartenance à la commune.
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Quant aux autres quartiers, plus aérés et pavillonnaires, ils ne bénéficient d’aucun service de proximité. Les zones prévues initialement ont été
urbanisées et ne peuvent plus accueillir, par exemple, de commerces de proximité. Or, dans toutes les villes, les quartiers périphériques possèdent des lieux de sociabilité tels qu'une
pharmacie, une boulangerie ou une antenne de service public… en particulier pour permettre à ceux qui travaillent d'accomplir certaines formalités, poser une question ou simplement
s’approvisionner.
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Pour comprendre les limites de la gestion communale, il suffit d'être confronté à un problème quotidien. Acheter du pain, quand on n'habite pas le
centre ville, oblige à prendre son véhicule, sans être sûr de pouvoir se garer... Que dire alors des difficultés quotidiennes de stationnement lorsqu’on va prendre le RER ?
Les adolescents doivent souvent s’adresser à des structures en dehors de la commune pour pratiquer une activité. Sans parler des problématiques de garde, qui concernent
la petite enfance.
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Il devient incontournable de fonder une gestion patrimoniale de l’avenir : si nous ne faisons rien, dans les dix années à venir, Bussy accueillera 10 000
habitants supplémentaires et achèvera son développement dans un environnement chaotique. Nous ne pouvons plus reproduire ces erreurs.
Il nous faut impérativement anticiper l’avenir avec réalisme et professionnalisme, répondre aux questions de nos concitoyens avec honnêteté, et créer les services publics fondamentaux pour la
cohérence territoriale de notre ville.
Il s'agit de ne plus penser en termes de construction pour la ville, mais en termes de vie pour ses habitants.
Par Yann Dubosc
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Publié dans : Urbanisme
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