Tout comme vous, je suis inquiet de la situation de notre pays, de l’Europe et de sa capacité à affronter une crise économique et sociale. Les médias ont tendance à en rajouter un peu dans le registre bien connu du catastrophisme. Mais, le langage des économistes et des politiques a franchi également un cap : « fin d’un cycle », « il va falloir inventer un autre système économique », « refonder la politique économique », etc.
La France a passé la crise de 2008 au prix d’efforts colossaux. Celle de 2011 est beaucoup plus dangereuse, car elle est à la fois politique et économique. Sauver l’euro, certes, mais à quel prix ?
Les États sont sommés par les marchés (par qui exactement ?) de réduire leur dette : nous ne pouvons plus vivre à crédit. Les agences de notation évaluent la crédibilité de la signature souveraine des États en matière d’accès au crédit : seule l’Allemagne, aujourd’hui, est véritablement crédible. La locomotive européenne ne veut plus être le « dindon de la farce » et demande à ses partenaires européens de faire des efforts de réformes drastiques pour éviter le plongeon de l’euro.
Tout le populisme politique s’exprime : sortie de l’euro, fin du capitalisme, démondialisation, nationalisation des banques, etc. Le sérieux de certains politiques est inversement proportionnel aux enjeux de société auxquels nous sommes confrontés. Il faut rester serein, car nous savons tous ce que le populisme a donné dans les années trente !
Le sommet européen du 26 octobre et le G20 des 3 et 4 novembre prochain doivent apporter des réponses politiques, et j’insiste sur ce terme, à une crise économique et sociale. C’est cela qui va être testé avec aucun droit à l’erreur. L’Europe devient le centre du monde pendant quelques heures : si le sommet échoue, c’est l’économie mondiale qui en pâtira avec des conséquences sociales désastreuses ; si le sommet apporte des solutions, nous serons à l’abri, jusqu’à la manifestation de la prochaine crise. Mais, comme le disait Robert Schumann, le père de l’Europe, « l’Europe est toujours sortie renforcée des crises ».
Cette crise a déjà des effets sur nos collectivités territoriales, en France : 200 millions d’euros de dotations vont disparaître en 2012 ; la DGF (subvention de l’État) va au mieux stagner, au pire diminuer ; de nouvelles règles de péréquations vont s’imposer pour les prochains budgets avec une ponction sur nos recettes, etc.
Nos Communes vont être soumises au régime sec : il est demandé de faire des économies dans tous les domaines, d’augmenter la fiscalité pour compenser les pertes de recettes, d’étaler nos investissements, etc. Bref d’avoir des budgets de rigueur sous peine de « sanctions ». Je discute de cela avec mes collègues directeurs généraux, ainsi qu’avec des politiques, et tous sont inquiets de la situation. Car en ligne de mire se trouve le niveau de service public que nous allons offrir à nos habitants. Encore une fois, Bussy est un très bon exemple… de ce qu’il ne faut pas faire.
En période de rigueur, le maire affiche une volonté de dépenses supplémentaires, des investissements portés par des PPP, des prêts exotiques… A croire qu’il prend un certain plaisir à prendre le contre-pied de ce que les spécialistes recommandent. Cela pourrait être drôle mais cela se fait sur le dos des contribuables que nous sommes. Et cela n’est pas acceptable.
Les solutions résident dans la prise de conscience de la nécessité d’une autre gestion, d’un autre mode de gestion que je préconise avec Bussy Gagnant depuis 2008. Il ne faut pas que notre solution soit mise en œuvre trop tardivement, car je n’ai pas envie que Bussy soit traitée comme la Grèce, que des solutions extrêmes soient imposées. Il est temps de modifier les comportements des élus de cette majorité, ou de certains d’entre eux, qui font de mauvais choix au mauvais moment.
La commune, l’État, les collectivités, ne sont pas le fait d’un seul homme, ce sont des biens publics qui appartiennent au patrimoine collectif des habitants. Ils doivent être dirigés et gérés en « bon père de famille ».
Le bon sens au service de la politique ! Et les solutions émergeront pour changer les incuries en espoirs.
« Ta pensée est limitée, pourtant tout ce que tu es capable d’imaginer peut exister.
Il n’y a rien qui soit impossible »,











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