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Vie économique et sociale


Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 09:54

Ce billet, écrit par Nabia PISI, vient marquer un débat qui s’ouvre actuellement. Une élue de la Nation vient de proposer de rouvrir les maisons closes (sic !) en vue de protéger les prostituées (voir, pour exemple, Le Parisien). Mais la prostitution, avec ses nouveaux réseaux, ses trafics de jeunes femmes venant de tous les pays, son extrême violence, n’est-elle pas la plus grande violence faite aux femmes ? Je crois qu’il y a un climat mettant en exergue la « haine des femmes », comme le dit Fadela Amara, Secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville, auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville. La burqa, les violences conjugales, l’inégalité dans les salaires, etc. ces sujets viennent alimenter des problématiques consternantes, que je n’aurais jamais cru voir exposer, en France, au XXIème siècle. Mais, il est vrai que le créneau est finalement porteur…

main stopLes études sur la situation dans les pays qui ont libéralisé la prostitution montrent que la décriminalisation ne profite ni aux prostituées, ni aux femmes. Elle bénéficie aux souteneurs, aux dealers, au crime organisé en général, aux clients indifférents pour qui la sexualité n’est qu’un acte machinal.

Pourtant, la
Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, du 18 décembre 1979, stipule dans son article 6 que, « Les États parties prennent toutes mesures appropriées pour supprimer le trafic des femmes et l'exploitation de la prostitution des femmes ».
Rappelons également que la France a ratifié, en 2008, la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains.

Il existe déjà
un dispositif national (ACSÉ – Accueil Sécurisant) pour accueillir et protéger les victimes de la traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle. Il repose sur un réseau mettant en lien des structures spécialisées dans l'accompagnement et le soutien des personnes prostituées, et des centres d'hébergement répartis sur l'ensemble du territoire national. Son principe : La protection des victimes de proxénétisme par l'éloignement géographique, la confidentialité et la multiplicité des lieux d'accueil.

La démarche concrète :

1. La demande d'orientation intervient, suivie d’une réponse de la coordination dans les 48 heures sur les possibilités d'accueil. La date et les modalités d'accueil sont déterminées entre le demandeur et le centre d'hébergement.
2.    Les personnes sont systématiquement accompagnées physiquement jusqu'au lieu d'accueil. Les frais de transport sont remboursés par la coordination du dispositif.
3.    Une somme de 304€ est attribuée par le dispositif à toute personne bénéficiant d'une prise en charge dans le réseau d'accueil.

Mais ce dispositif manque cruellement de fonds. Des aides financières sont indispensables pour soutenir les structures. Pour cela, nos responsables politiques doivent mettre en place les crédits nécessaires à la mise en œuvre de mesures efficaces pour la réinsertion des femmes prostituées et la rééducation des clients, voire la poursuite des récalcitrants.

Or Mme Brunel, notre députée, propose simplement d’ouvrir des maisons closes, meilleure solution, selon elle, pour protéger les prostituées… Pourtant, nous connaissons le résultat d’une telle proposition, vécue par nos pays européens voisins qui ont eux-mêmes rétabli les maisons closes, Pays-Bas ou Allemagne par exemple : le bilan est catastrophique. Mais sa démarche démontre qu’elle préfère pallier superficiellement à certaines des conséquences de ce système d’exploitation plutôt que de travailler à l’éliminer.

Quelle femme ferait librement le choix de vie d’intégrer une maison close ?

Pour conclure,
une harmonisation des politiques et une coopération à l’échelle européenne sont indispensables.
Aucun pays européen n’a obtenu des résultats aussi prometteurs en matière d’endiguement de la prostitution et des trafics sexuels que la Suède. En effet, en Suède, la prostitution est considérée comme un élément de la violence des hommes envers les femmes et les enfants. La prostitution est officiellement reconnue comme une forme d’exploitation des femmes et des enfants et comme un problème de société aigu qui provoque des dommages graves aux individus et à la société. Depuis longtemps, la lutte contre la prostitution et la traite des êtres humains à des fins sexuelles constituent une priorité du gouvernement suédois. Cette lutte est un élément essentiel de l’aspiration suédoise à l’égalité entre les femmes et les hommes tant au niveau national qu’international. L’égalité ne peut être atteinte tant que les hommes achètent, vendent et utilisent les femmes et les enfants en les prostituant.

En complément du billet de Nabia, j’ajouterai ces quelques mots.
En France, il y a une confusion et une contradiction entre le droit « de disposer de son corps », de se prostituer, et les différentes lois de lutte contre la prostitution : par exemple, la loi du 13 avril 1946 dite loi Marthe Richard, sur la fermeture des maisons de tolérance, puis, plus récemment la loi de 2003 sur la sécurité intérieure qui pénalise le racolage.
Ce qui est en jeu, c’est avant tout la dignité de l’être humain, de l’homme, de la femme et de l’enfant. La prostitution n’est pas un choix de vie mais une contrainte, une violence, une agression contre la personne. N’oublions pas que celles et ceux qui se prostituent viennent souvent de pays pauvres, via des réseaux où les jeunes femmes sont violées avant d’être livrées à des clients. Des associations tentent de les récupérer, de les sortir de l’enfer. D’autres thèmes viennent se greffer, notamment la lutte contre la pornographie, qui change le comportement des « consommateurs » et banalise la violence faite aux femmes auprès des jeunes.

En voulant rouvrir les maisons closes, les politiques risquent de faire un appel fort, la demande étant plus avide que l’offre. Sont-ils prêts à cela ? J’espère sincèrement que non.
Et, entre nous, je crois qu’il y a d’autres sujets plus urgents à traiter que celui de l’ouverture des maisons closes. Les violences faites aux femmes, dans le cadre conjugal ou professionnel, sont déjà bien un thème suffisamment préoccupant pour qu’il capte toute l’énergie combative de notre Députée. Je ne parlerai même pas de la prostitution « économique », dite occasionnelle, qui ne fait pas l’objet de ce billet, mais qui porte atteinte aux fondements de notre système social, de notre civilisation. Elle touche principalement des femmes, étudiantes, mères de famille monoparentale, mais parfois aussi des hommes, poussés à ces extrémités dégradantes pour survivre.

Par Nabia Pisi - Publié dans : Vie économique et sociale - Ecrire un commentaire - Voir les 17 commentaires

Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 13:39

En tant que citoyen électeur, je m’intéresse à la vie des institutions politiques françaises et, pourIdF l’heure, à la Région.
Au-delà des clivages politiques, il est intéressant de comprendre les « ressentis » des acteurs de la vie régionale, et notamment des chefs d’entreprises. En période électorale, où chaque candidat attaque et contre-attaque au gré des polémiques, plusieurs articles de fond ont été consacrés au regard que portent les responsables des TPE (très petites entreprises, de moins de 20 salariés), formant l’essentiel du tissu économique, sur le bilan de l’action régionale.

 

Comme je le précisais dans mon précédent billet, la Région exerce une compétence liée au développement économique.


Les chefs d’entreprises de ces TPE jugent globalement que les actions des régions sont « utiles » et « bonnes » sur le plan économique, mais que celles-ci sont souvent « trop bureaucratiques ». Je crois que ce constat peut être fait sur de nombreuses actions administratives.

Ce qui est intéressant, c’est la mise en perspective de l’action régionale par rapport à l’action de l’Etat.

A cet égard, les patrons de TPE jugent positivement l'action économique de leur conseil régional. 54% assurent qu'il «prend les bonnes décisions pour le développement économique», selon le Figaro, même « s’ils jugent également les conseils régionaux trop éloignés de leurs préoccupations ». Mais « seuls 3% des patrons de très petites entreprises (TPE) jugent que le gouvernement est à leur écoute, selon une enquête Ifop. Pour neuf patrons de TPE sur 10, les réformes engagées par Nicolas Sarkozy profitent aux grandes entreprises et seuls 18% d'entre eux déclarent en retirer des bénéfices ».
Souvent, les TPE considèrent que l’attention des politiques est plus tournée vers les entreprises plus grandes que vers elles. Créatrices d’emplois et de richesses, elles se sentent isolées dans le discours politique, alors que l’essentiel de l’emploi créé relève de leur capacité à survivre dans le contexte de crise économique internationale.

Je souhaitais donc, à une semaine des élections, relater cette information, donner la parole à ces femmes et hommes qui constituent la richesse d’une Nation. L’entreprenariat est en crise : le Président de la République l’a rappelé lors de ses cérémonies de vœux. La force d’un Etat se mesure aussi à sa capacité d’innover, de créer de la richesse et des emplois, à l’esprit de pionnier des entrepreneurs. Le développement durable est une source considérable de création de richesse pour tous et les petites entreprises sont en première ligne. Je crois profondément à l’intelligence de l’homme et à celle de l’économie.

Bussy ne fait pas exception à ce courant : les entreprises sont dynamiques et le contexte de tertiaire qui se développe ne peut qu’être profitable. Cependant, ce dynamisme se fait couper les ailes par la suppression de la taxe professionnelle : la collectivité doit inventer une nouvelle forme de développement. La Région, entre autres, le Département et Bussy également, peuvent jouer un rôle important en tant que facilitateur, financeur et accompagnateur des projets des entreprises.
Il est vrai que, paradoxalement, la ville de Bussy n’a pas de politique cohérente en matière de développement économique : les TPE de la zone artisanale du Village/Violennes vont disparaître dans la mesure où la zone a été laissée à l’abandon, en vue de leur faire quitter les lieux. La Ville va donc préempter ce foncier afin de faire des logements. Le commerce de proximité du centre ville souffre, certains commerçants ont mis la clef sous la porte. Quelle stratégie économique est envisagée ? Pour le moment, j’attends les propositions de la majorité municipale.

Les collectivités territoriales sont de vrais partenaires pour les entreprises. Je souhaite sincèrement que l’Agence de Développement Economique de Bussy soit un relais entre la Commune et le monde économique, en évitant le plus grand des écueils, la « technocratisation ».

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie économique et sociale - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

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