Durant les vacances,
j’en profite pour me détendre avec mes nouvelles acquisitions discographiques de l'année.
J'ai ainsi redécouvert un homme, un musicien exceptionnel : le violoncelliste de génie, le fameux Pablo Casals. Ceux qui me connaissent savent que je suis moi-même violoncelliste. J'ai découvert
le violoncelle à l’âge de 4 ans, grâce à ma cousine, elle-même virtuose. J'ai pratiqué cet instrument merveilleux pendant 14 ans. Je devais en faire mon métier, mais le destin a voulu que je me
contente de le pratiquer avec passion.
Mon maître fut disciple de Paul Tortelier.
J'ai une autre passion jointe à la première : la musique baroque. A ce titre, j'ai créé avec la directrice de la culture de Marne et Gondoire, un festival de musique baroque qui se déroule fin janvier, Frisson Baroque, et qui a accueilli cette année le Didon et Enée de Purcell. Les spectateurs en pleuraient, émus de la beauté de cette œuvre interprétée par une jeune compagnie réunie spécialement pour cet événement.
Mais pourquoi Pablo Casals ? Tout simplement parce qu’il a ressuscité l'œuvre majeure des violoncellistes, à savoir les VI suites de Bach. Il les a étudiées pendant 12 ans pour atteindre la perfection de l'interprétation, jusque-là inégalée même par Rostropovitch ou actuellement Queyras.
Cet homme, catalan fougueux réfugié à Prades, en France, lieu d'un merveilleux festival, fut également un humaniste luttant contre toutes les injustices : il refusa de jouer pour le IIIème Reich et s'opposa très tôt au franquisme.
Sur le plan musical, outre l'œuvre de Bach, dont il donna de nombreuses récitals dans le monde (au siège des Nations Unies ou à la Maison Blanche devant les Kennedy), il créa de grandioses ensembles artistiques (quatuors, musique de chambre), et prit la tête d'orchestres prestigieux dans les quatre coins de la planète, de Paris à Vienne, de Londres à Porto Rico.
Il enseigna avec fougue et passion, distillant son savoir musical, teinté d'un profond humanisme. Notre époque troublée manque cruellement de ce type d'homme. La musique est un vecteur universel de paix. Le XXIe siècle trouvera-t-il son Pablo Casals ? Rien n'est moins sûr, hélas !
Écoutez ce disait de lui l'un de ses prestigieux contemporain, Thomas Mann : "j'ai une vénération très profonde et une admiration teintée d'allégresse en face d'un homme dont l'art impétueux se lie au refus le plus strict de pactiser avec le
mal... Il est devenu le symbole
d'un art intransigeant, le symbole de l'union inébranlable de l'art et de la morale. La fragile espèce humaine a toujours eu besoin d'hommes qui sauvaient son honneur. C'est avec joie que je
reconnais que son existence est pour moi comme pour des milliers d'hommes une source de bonheur."
Enfin, Romain Rolland disait de lui : "un grand homme qui sait ce que rester humain veut dire".
Des mots à méditer pour notre époque tourmentée. J’avoue que je tente de m’inspirer, jour après jour, de la vie de ces grands hommes. L’affligeante vie politique de Bussy, entre un Maire passant son temps entre deux avions, et une députée brocardée par le Petit Journal de Canal + ou, plus récemment, par le Canard enchaîné, me pousse à me réfugier dans cette musique céleste qui élève l’âme et qui me donne la force de dépasser le ridicule. Elle me donne le courage de poursuivre, de continuer à me battre pour des causes que je sais justes. Le temps me donnera raison !













Commentaires