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Vie économique et sociale


Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 09:22

Il est des instants dans la vie quotidienne empreints d’une certaine morosité, tout de même teintée d'optimisme.

Il semblerait que des signes de reprises soient perçus par les acteurs économiques eux-mêmes. Sans tomber dans un autre extrême que celui de la peur générée par certains hommes politiques et médias, la courbe est en train de s’inverser. Cependant, la croissance reste à un niveau bas mais sans se dégrader.

 

Dans le titre de ce billet, je parle de prix à payer. Les Buxangeorgiens le savent bien, cette crise va se payer dans tous les secteurs de notre vie. A commencer par les impôts locaux : il n’y aura pas que la part « communale » de nos impôts qui va augmenter. Celles de la Région et du Département vont suivre la même inflexion, mais pour des motifs différents. L’Etat, également, dont le déficit record de 2009 va avoir pour conséquence une taxation tous azimuts afin d’apporter un peu d’oxygène aux dépenses publiques.

 

Attentif, depuis que je suis immergé dans la chose publique, je regarde l’évolution du tissu économique de notre département ainsi que celui de notre bassin de vie à Bussy. Les entreprises sont confrontées à une crise sans précédent, touchant essentiellement leur trésorerie et leur stock, ayant un impact direct sur les fournisseurs. De ce fait, les effectifs sont à la baisse avec une conséquence immédiate et sûrement durable : la disparition totale, dans certaines activités, du travail intérimaire. L’un de mes amis travaillant dans cette branche, chez l’un des leaders mondiaux de l’intérim, me disait qu’ils se diversifiaient dans des "produits ressources humaines" afin de survivre sur le marché. De ce fait, les jeunes et les seniors sont les plus touchés : la diminution de l’apprentissage de 40% obère gravement l’avenir de centaines de milliers de jeunes sur le marché du travail. Les seniors font l’objet d’un plan spécifique imposant aux entreprises de présenter un bilan des actions en faveur de ces femmes et hommes avant la fin de l’année (sous peine de verser une pénalité correspondant à 1% de la masse salariale).

 

Je ne sais pas comment cela se perçoit au niveau du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de Bussy, alors même qu’une analyse annuelle des besoins sociaux est obligatoire. Il n’en est pas moins vrai que l’aide alimentaire a augmenté de 28% au niveau national et que 19 % des nouvelles demandes émanent de personnes jusque là inconnues des CCAS.

J’ai évoqué dans de précédents billets les risques de paupérisation de la population : qu’en est-il pour notre ville ? Quel est le bilan social avant l’arrivée d’une population ciblée par le logement social ? Comment la Ville répondra aux demandes sociales fortes ?

 

L’amorce de reprise économique n’est pas suffisante pour compenser une facture sociale explosive. Alors, les mesures visant à réduire le remboursement des médicaments, à instaurer la taxe carbone,  à augmenter les impôts locaux, à ne pas juguler l’inflation, à ne pas lutter contre l’augmentation des prix des produits de première nécessité ne vont qu’accentuer le vide social dans lequel nous nous glissons.

 

La France est un pays de solidarité que le monde entier envie. Je souhaite que nos politiques tirent les leçons de cette première grande crise mondiale du XXIème siècle, qui ne sera probablement pas la dernière. Il ne faut pas  s’arrêter au traitement des bonus des traders, même si cela est nécessaire. Ce n’est pas suffisant. Le sommet du G20 et la conférence de Pittsburgh doivent agir pour une réglementation de l’économie : les avantages accordés aux uns (prêt d’argent public aux banques, baisse de la TVA dans certains secteurs, etc.) n’ont engendré aucun avantage pour les autres. Les plus nombreux. Les oubliés de la crise.

 

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie économique et sociale - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 10:26

Régulièrement, je rencontre des chefs d’entreprises pour suivre leur évolution sur le territoire.

Jeudi dernier, j’ai été invité par une association de responsables économiques, issus d’une pépinière d’entreprises innovantes, qui s’est spécialisée dans le numérique : autour de la table se trouvaient également un universitaire, des politiques et des décideurs territoriaux.

Je dois avouer que j’ai été impressionné par le dynamisme de ces TPE (très petites entreprises) qui arrivent à mettre en commun leurs réflexions, leur esprit d’initiative, leurs innovations au service du développement économique des territoires.

Le domaine du numérique est en pleine croissance et le marché est très porteur : ces chefs d’entreprises mettent en corrélation les forces du territoire (transport, fibre optique, matière grise avec les différentes écoles) et les acteurs de la politique économique.

La relance passe par les territoires, j’en suis intimement persuadé. Et dans ces territoires, le tissu des petites entreprises est celui qui est le plus porteur de valeurs et d’emplois. La crise va bien finir par se terminer et le paysage économique va se trouver complètement modifié : de nombreuses entreprises auront malheureusement disparu, d’autres vont naître dans des secteurs encore à découvrir. L’innovation est la seconde nature de l’entrepreneur. L’esprit d’entreprise est un souffle qui gagne aujourd’hui de très nombreux concitoyens mis en difficulté sociale via un licenciement, par exemple.

 

Cette rencontre m’a redonné le moral : l’homme sait s’adapter à toute situation sociale, mais à condition qu’il soit soutenu dans son action. Il me semble que la politique nationale avec ses outils, tels que l’accès au crédit, les exonérations de charges pour les TPE, l’aide au recrutement, le soutien à la recherche/développement, les partenariats avec les universités, etc. doit permettre l’émergence d’un nouveau souffle.

 

Le secteur de Marne la Vallée possède tous les atouts de ce développement du tertiaire. Il existe un pôle de compétitivité lié au développement durable qui est porteur d’activités nouvelles, dont certaines sont encore au stade de la théorie.

Bussy, au cœur de Marne la Vallée, possède les moyens d’impulser un dynamisme fort dans le tertiaire. A quand Bussy Ville Numérique (label sous lequel sont regroupées les initiatives de la ville visant à mettre tout le potentiel des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication au service des habitants), Ville Apprenante (réfléchir à un véritable projet urbain dans un contexte de développement durable) ?

 

Il est temps de sortir de la victimisation systématique dans laquelle Bussy s’est enfermée (« c’est la faute à … », vous connaissez la litanie). Faisons émerger un projet d’avenir positif, en s’appuyant sur les grandes lignes de force de notre ville. D’autres communes, d’autres territoires ne bénéficiant pas de nos atouts l’ont fait : pourquoi pas nous ?

Il nous manque l’impulsion politique, me semble-t-il.

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie économique et sociale - Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires

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