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Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /Déc /2008 13:55

A l’occasion de l’Hommage aux Français morts en Afrique du Nord, Nabia Pisi nous livre leur vision du devoir de mémoire.

 

En allant chercher en Afrique noire et du Nord des hommes fiers et courageux, la France libre savait bien que face à la détermination génocidaire des nazis, des renforts de fierté et de courage d’hommes fâchés avec la soumission, allaient lui redonner les moyens de combattre la barbarie hitlérienne et de recouvrer pleinement sa liberté. Le débarquement des alliés a été indéniablement  le réactif chimique annonçant l’aube de la liberté de la France, car nous nous ne saurons oublier l’infatigable résistance française avec toutes ses composantes ethniques, culturelles, religieuses et politiques. Nous parlerons ici avec un peu plus d’insistance, de ces combattants marocains, algériens, sénégalais, tunisiens et autres, qu’on appelait « musulmans », les rassemblant ainsi sous ce qualificatif qui aurait été aujourd’hui incorrect. La France a gagné contre la déconstruction de la civilisation humaine programmée dans les officines de la mort du 3ème Reich.

 

Français, alliés, musulmans d’Afrique noire et du Nord ont donc gagné contre les nazis. Ces mêmes nazis qui disaient aux combattants marocains et algériens faits prisonniers: « Pourquoi vous ne combattez pas plutôt la France, elle occupe vos pays et maltraite vos peuples ».

 

Aujourd’hui, en France, beaucoup de Français sont mal à l’aise en relisant certaines périodes de l’Histoire de notre pays. La fin du conflit en Algérie en fait partie et cela a suscité les passions et les polémiques. La France évoque timidement la mémoire de ces combattants venus d’Afrique noire ou de ce qu’on appelle aujourd’hui le Maghreb pour combattre le nazisme. Il a fallu que le film « Indigènes » soit porté aux écrans, l’intelligence de son scénario et de ses comédiens, pour que l’ancien Président français, Jacques CHIRAC, réactive cette mémoire propre aux peuples libres. Il faudrait peut-être un autre film sur la guerre d’Algérie, qui serait cette fois-ci réalisé avec l’aide d’historiens, des harkis, des résistants Algériens et pourquoi pas d’anciens de l’OAS… Ce que la politique n’a pas pu faire, un réalisateur audacieux pourrait peut-être le faire.

 

La France en guerre en Algérie et au Maroc s’est retrouvée face à une résistance notoire. La fidélité des combattants embrigadés dans l’armée française a permis longtemps à la France d’avoir le dessus militaire sur le souffle légitime de l’indépendance.
Des divisions internes au sein du peuple français en métropole (seulement) mais aussi chez les Marocains et les Algériens, se sont accentuées, les uns se retrouvant intellectuellement mal à l’aise en voyant la France continuer à occuper des pays culturellement amis. D’autres, en Afrique du Nord ont pris les armes contre leurs frères, pensant à tort ou à raison, faire partie de la nation française. Quand bien même la fin de la guerre d’Algérie a été salutaire pour les deux peuples, elle reste une blessure pour certains citoyens, une juste cause pour d’autres et, éternellement, une matière fertile pour des intellectuels et des historiens.

 

Aujourd’hui, le débat n’est pas dépassionné, les politiques en France et dans ces pays d’Afrique du Nord, n’ont pas encore réussi à trouver les mots justes et les moyens pour sceller une union des civilisations et des cultures. Pourtant, il existe une chance formidable pour y parvenir : l’union pour la Méditerranée qui a l’avantage visionnaire d’impliquer également le Proche-Orient et de privilégier la Paix (allez, mettons un « P » majuscule comme pour les droits de l’Homme, le monde ne s’en portera que mieux !).

 

Le racisme est comme le sida, il faut le combattre tous les jours. Il faut de la volonté politique, des moyens financiers, des débats, des assises, des procès aussi... La discrimination reste menaçante dans une société dont plus de 15% des citoyens sont d’origine étrangère. Le meilleur moyen de combattre le racisme et la discrimination est encore la mémoire du devoir, puisque le devoir de mémoire reste timide et à plusieurs niveaux. Les gens des deux bords de la rive méditerranéenne ont cru aux devoirs, certes opposés et se sont engagés. Respectons leurs choix et encore une fois, faisons l’effort de ne pas les juger.

 

 Il nous appartient à nous, Français et étrangers en France, de parler, sans porter de jugement, du devoir de ces hommes ayant rejoint l’armée française, volontairement ou non, forcés ou à la recherche d’un idéal ; de rappeler que cette mémoire est bien vivante dans notre esprit national, car nous sommes une nation plurielle : la mémoire du devoir de défendre des idéaux communs réconciliés dans la liberté et la dignité. L’Histoire nous apprend encore et toujours que les peuples qui se sont combattus finissent par s’unir et vivre ensemble. Nos voisins allemands l’ont fait, nous devons le faire aussi, même avec des blessures difficilement cicatrisables. Nous allons gagner à mieux nous connaître, car telle est la vision du Président de la République, Nicolas SARKOZY.

Alors, que le 05 décembre soit la commémoration de la Paix et de la dignité de tous !

Par Nabia Pisi - Publié dans : Histoire - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
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