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Lundi 8 décembre 2008 1 08 /12 /Déc /2008 13:32

Nabia Pisi, accompagnée de membres de Bussy Gagnant, a assisté, le vendredi 28 novembre, à la visite du Président de la République à Meaux.

J'ai souhaité débuter mon billet par la Charte européenne du logement, adoptée par l'intergroupe «Urban-Logement» du Parlement européen en avril 2006, qui définit le logement comme un «bien de première nécessité, un droit social fondamental à la base du modèle social européen et un élément de la dignité humaine».

 Lors d'un discours sur la mise œuvre de la politique du logement à Meaux, Nicolas Sarkozy a rappelé aux professionnels de l'immobilier de ne pas profiter des mesures de soutien du gouvernement au secteur pour maintenir des prix élevés. "Nous allons faire plus pour le logement mais je ne veux pas que cela serve à maintenir les prix hauts. Ce que nous voulons, c'est que les prix baissent pour que ça reparte. C'est ça, l'économie de marché". Il s'en est aussi pris une nouvelle fois aux banques, accusées de durcir leurs conditions de crédit. "Il faut que chacun joue le jeu".

Le 1er octobre 2008, il avait annoncé que l'Etat allait racheter (par l'intermédiaire de bailleurs sociaux), à un prix décoté, plus de 30.000 logements dont les travaux n'ont pas été lancés faute de certitude sur les ventes. Sur ces 30.000 logements, 10.000 sont rachetés par la Société nationale immobilière (SNI), filiale à 100% de la Caisse des dépôts.

En 2007, le Président de la République avait déjà déploré  que les prix de l'immobilier aient "atteint en France le plus haut niveau par rapport aux revenus des ménages depuis 40 ans". 

Les politiques en faveur du logement

Les politiques du logement les plus pertinentes sont celles qui ont su s'adapter à leur territoire par des mesures appropriées visant à renforcer le rôle des pouvoirs locaux (élus, Etat, département, région...), tout en préservant l’exigence de solidarité et l’indispensable engagement de l'État. Car trop souvent, la décentralisation s’est accompagnée d’un désengagement de l’État et d’un renoncement à assurer son devoir de solidarité nationale à travers le logement.

L’intervention publique est devenue capitale pour lutter contre la crise actuelle, mais aussi pour répondre à un besoin de cohésion sociale sans précédent.

Cette volonté politique est d’autant plus nécessaire que les exigences de développement durable, tant en matière d'urbanisme, de transport et d’énergie, qu'en matière sociale ne peuvent que s’intensifier dans l’avenir et contribuer à peser sur les orientations des politiques publiques.
Cette crise pourrait s’avérer « un bien dans un mal » dans sa stimulation des politiques publiques, poussées à respecter les fondamentaux de la cohésion sociale et à viser une politique plus globale et cohérente à l'échelle du pays ainsi qu’au niveau de l'union européenne.

Et pour Bussy ?

Le 15 décembre 2005, nous avons présenté à l'ensemble des conseillers municipaux en exercice une motion sur le logement social. Pour Bussy Saint Georges, un certain nombre de principes avaient été proposés pour respecter ces enjeux en matière de logement :

1.    Favoriser la mixité sociale : éviter de créer des ghettos de logements sociaux qui seront très vite ingérables. Sur ce point nos réflexions ont rejoint celles de la majorité. Mais 3 ans plus tard, le projet de la ZAC du Sycomore présente plus de 30% de logements sociaux concentrés dans le même quartier.

2.    Offrir un parcours résidentiel aux habitants de Bussy. Concrètement, il faut en priorité que les logements sociaux de notre commune servent aux Buxangeorgiens et notamment à nos enfants quand ils souhaitent quitter le domicile familial. Et pour un habitant arrivé à Bussy par le biais du logement social doit pouvoir à terme accéder à la propriété dans la commune.

3.    Conduire à une maîtrise des attributions. Il est urgent de créer une politique dynamique du logement, structurée et durable, pour conduire et atteindre l’objectif d’universalité de son accès. Cela repose sur le dialogue et surtout la confiance que l’Etat accorde à la commune. Une bonne gouvernance des politiques du logement doit être assurée par la concertation avec l’ensemble des acteurs et parties prenantes (bailleurs, Commune, Département, services sociaux, Préfecture, maison de la justice et de la famille ...), y compris des habitants et des associations.

4.    Etablir des plans de gestion et de transport urbains pour améliorer la qualité de vie dans la ville.

Nous pouvons y ajouter trois nouveaux points à l’heure actuelle :

5.    Accroître l'implantation d'entreprises créatrices d'emplois et de richesses locales, garantes également d'une politique de cohésion durable.

6.    Rechercher un financement intelligent : éligibilité du logement et du logement social aux fonds structurels européens pour la période 2007-2013 (14 milliards d'euros pour la France).

7.    Profiter, tout en étant prudent, du Contrat de Projet Etat-Région :
Le CPER va permettre à Bussy de financer en partie la ZAC du Sycomore (3000 logements dont 30% sociaux). Mais il n’a pas pour vocation de régler toutes les questions que les Buxangeorgiens se posent quant aux équipements qui nous manquent aujourd’hui et, qui nous manqueront encore plus demain avec l’accroissement de la population.
Dix millions d’euros de financement par l’Etat, en comparaison, cela représente à peine le coût d’un groupe scolaire… Bussy Gagnant ne souhaite pas que le Sycomore, dernière tranche d’aménagement de Bussy, subisse les mêmes erreurs que les ZAC précédentes et que la municipalité s’enferme définitivement dans le cycle infernal de la dette.

Par Yann Dubosc - Publié dans : Urbanisme - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
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