Partager l'article ! Le logement social en question: En raison des récentes polémiques autour de la question du logement social dans la future zone du Sycomore, ...
En raison des récentes polémiques autour de la question du logement social dans
la future zone du Sycomore, je tenais à faire un point sur l’importance des habitations à loyer modéré dans notre pays.
L’image de la fin du XXe siècle en ce qui concerne le logement social est celle de la cité, de la délinquance, d’une intégration ratée, de la ghettoïsation. Une vision négative, dont les
responsables sont à la fois les politiques, les urbanistes et architectes, ainsi que les médias, relayant toujours plus les évènements chocs qu’une vie quotidienne
harmonieuse.
La France a toujours été une terre d’accueil. Se pose alors la question prégnante du vivre ensemble, du respect de
l’autre et des coutumes de la terre d’accueil.
Nos élus ont cru résoudre les problèmes du mal être dans nos banlieues avec la politique de la ville, dont la Cour des Comptes a largement décrié le coût par rapport aux impacts positifs. Le
choix, dans les années soixante de se tourner vers un urbanisme fonctionnel avec barres, tours, espaces piétonniers insécurisés, souvent d'aspect minéral, a marqué le paysage de nos villes
de façon inéluctable. D’où la rénovation urbaine avec une ré-humanisation de notre habitat, moins dense ; une remodélisation des espaces pour favoriser la prévention et
assurer une meilleure sécurité des habitants ; une redynamisation du lien social avec l'appui associatif et la coordination des partenaires de l'action sociale.
Rappelons que le logement social est une nécessité à notre époque. Nous pouvons,
notamment, tous subir un accident de la vie.
La déstructuration familiale, le nombre important de
divorces rendent de nombreuses familles monoparentales plus vulnérables. Ces séparations sont des bouleversements considérables pour les finances familiales qui ne supportent alors plus un loyer
privé.
Le travail précaire (mi-temps et SMIC), les bas salaires de début d’activité, ainsi que le
chômage accroissent aussi la demande en logement social.
Enfin, nos jeunes étudiants et seniors aux
maigres pensions sont aussi des demandeurs potentiels qu’il ne faut pas négliger : la France n’offre que très peu de campus universitaires dignes de ce nom et nos foyers pour personnes âgés
ne sont pas assez nombreux.
Des besoins existent. Bussy ne répond pas aux exigences légales en
termes de logement social (issus de la loi SRU). Nous sommes conscients que tous les citoyens sont favorables à la construction de logements sociaux... Mais loin de chez eux
!
L’élu représente ses concitoyens mais doit aussi courageusement prendre des décisions pour tous, dans
l’intérêt général. De ce fait, je le répète, il eut fallu dès le départ mixer logement privé et social dans toutes les constructions buxangeorgiennes. Maintenant, nous nous retrouvons
dans l’urgence, sous pression de l’Etatqui recherche des emplacements encore disponibles en Ile de France, afin de répondre à une demande plus
qu’importante.
Il faut bien que la majorité municipale réfléchisse à l’impact que pourront avoir près de 1000 logements sociaux supplémentaires : en dehors des conséquences en termes
d’infrastructures (transports, équipements publics, développement économique…) que nous avons déjà dénoncés, il va bien falloir ajuster une politique sociale actuellement malheureuse. Il
faudra restructurer le CCAS, repenser les aides, impulser une véritable politique envers la jeunesse…
Outre la volonté, en avons-nous les moyens à l’heure de la crise et d’un déficit budgétaire municipal abyssal ?
Les bonnes questions doivent être posées.
Cette zone du Sycomore, futur éco-quartier, devra
être une zone de « bon vivre » ensemble. Attention à ne pas verser dans un ostracisme primaire, entraînant un rejet immédiat de ceux qui viendraient habiter les logements sociaux de
Bussy. Il faut être vigilant : mais comment être en position de force lorsque l’on ne respecte pas la loi ?
Encore une fois, Bussy Gagnant est force d’opposition, mais aussi de proposition et d’appui. Nous serons aux côtés de la municipalité si cette dernière fait preuve de réalisme et d’anticipation
sur ce dossier.
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