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Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /Juil /2010 00:00

Republique-francaise-Fotolia_7698772_XS.jpgAu mois de mai dernier, Le nouvel Economiste élevait la propension au dénigrement des Français au niveau de « sport national ». Je trouvais ce titre un peu injuste envers nous, dans la mesure où, malgré la crise, malgré l’humiliation de la France par son équipe de football nationale, le cœur français continuait à battre.

 

Or, depuis quelques semaines, les scandales, les révélations, les rumeurs et aujourd’hui les démissions ont fini de détruire ce qui restait encore d’intangible en France, à savoir les valeurs de la République. Où sont passées ces valeurs inscrites sur le fronton de nos écoles et de nos mairies, où sont passées les valeurs d’intérêt général, où sont passées les valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité ?

J’ai la douleur de vous annoncer qu’elles ont succombé aux voyages, aux cigares, aux logements de fonctions, aux rumeurs de conflit d’intérêt, au bling-bling dans lesquels on a enfermé la vie politique...

C’est finalement peu de choses, une République : c’était un rêve de grands hommes révélés par la Révolution française, c’était l’esprit de sacrifice de nos arrières-grands parents fauchés au champ d’honneur en 1914, c’était la grandeur de la lutte contre le nazisme et des sacrifices de milliers de Français, c’était l’appel de la liberté de 1940, c’était la vision de l’universalisme des droits de l’Homme et du Citoyen, c’était…

Puis la République a été réduite à une succession de scandales relatés puis amplifiés dans la presse, des scandales continus et réguliers qui ont sapé la base même de notre vision de la civilisation. Aujourd’hui, les grands hommes sont au Panthéon ou à Colombey.

Une petite phrase du début de l’article du nouvel Economiste résume tout : « la France ne s’aime pas ». Elle est un peu laconique mais elle prend tout son sens : la France ne croit plus et n’aime plus ses élites politiques en qui elle a confié son destin et qui ne cessent de la violer. Le pacte de confiance est mort : la presse évoque, non sans malaise, un sondage récent qui précise que 64% des Français pensent que les hommes politiques sont corrompus !

 

Nous ne pouvons revenir à notre passé, tout auréolé de fantasme historique et romantique. La France peine à s’incarner dans un homme providentiel qui sauverait le peu qui reste. Nous sommes en mal d’un de Gaulle, d’un Georges Clémenceau, d’un Joffre, d’un Mendès-France et la liste n’est, bien sûr, pas exhaustive. 

Je crois que le salut vient du politique, car tout est « politique ». La moindre atteinte à ce qui fait l’essence de la politique va affaiblir les piliers de notre fonctionnement. Or, force est de constater que nationalement ou localement, le comportement de nos élus prête à caution : la politique est quelque chose de sérieux qui nécessite des compétences, de l’investissement personnel, de la passion, de l’intelligence, du respect et de l’humilité. Le peuple, souvent oublié de la rationalité politique est le seul comptable des actions : il peut remettre en cause par le vote, il peut sanctionner et il peut porter aux nues.

 

Je ne sais pas ce que va entraîner cet autodénigrement, ce ras-le-bol des Français : par contre, je suis intimement persuadé que si les choses ne changent pas, la réaction risque d’être violente, et pas que dans les urnes. Attention, les soubresauts historiques de la France ont déjà  modifié le visage de l’Europe !

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie quotidienne - Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
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