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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 11:42

Le dernier Conseil Municipal avait pour objet principal de présenter le Débat d’orientation Budgétaire (DOB), qui doit précéder le vote du budget en mars. Un prochain billet sera consacré aux autres points du Conseil.

 DOB 2010

J’aurais pu intituler ce billet : « il est temps de tout mettre sur la table ». En effet, je pense que la situation est suffisamment grave pour ne pas relancer d’inutiles polémiques liées à « on aurait dû faire comme cela », ou « ce n’est pas moi, ce sont les autres ».

Aujourd’hui, ce débat est dépassé, contre-productif et dangereux politiquement. Cessons de parler des causes, je suis, moi, dans l’action. Je n’ai pas été élu pour regarder passer les trains mais pour agir sur les conséquences du drame budgétaire qui se joue. Soit l’opposition est participative dans ce débat, soit il se déroulera sans elle. J’ai choisi la première option.

 

Car, finalement, de quoi parlons-nous dans ce DOB ?

 

Ce DOB me semble précoce dans la mesure où de nombreuses incertitudes pèsent encore sur l’architecture du futur budget 2010.

 

flechep.gif La première, de taille, est celle qui concerne la Taxe Professionnelle.
En effet, le produit de cette taxe représente 42% de nos ressources fiscales, et elle va disparaître. Nos parlementaires discutent encore à ce jour de ce qui sera amené à la remplacer.

Les mécanismes de substitution sont complexes et trompeurs. Le Gouvernement, dans sa logique de relance, va faire un cadeau de 30 milliards d’euros aux entreprises (d’impôts en moins) qui seront supportés par le seul budget de l’Etat. Or, cette manne fiscale devra bien être compensée par un moyen ou un autre : ce sont les citoyens qui vont être impactés par cette mesure.

Quoi qu’il arrive, quelle que soit la solution trouvée, le compte n’y sera pas : une fois de plus, la décentralisation est remise en cause, car l’Etat, par une dotation, va mettre les collectivités comme la nôtre sous perfusion. Le véritable « patron » des territoires ne sera plus le Maire ou le Président d’une intercommunalité mais … le Préfet.

Cela va à l’encontre du sens de l’histoire : il existe un principe constitutionnel qui stipule que les collectivités bénéficient d’une autonomie financière. Demain, où sera celle de Bussy ? Qui tient les finances, tient le pouvoir. A quoi serviront les élus que nous sommes si, demain, retrouvant un statut de droit commun, Bussy n’a plus les leviers de son destin via la fiscalité de l’entreprise. Gageons que le différentiel de ressources sera supporté par les citoyens dont la pression fiscale deviendra intolérable.

La TP avait un dynamisme de 20% par an à Bussy, ville jeune : qu’en sera-t-il avec le transfert des bases sur le foncier ? Finalement, je le reconnais humblement, le fait d’avoir établi de vastes zones de logistique dans les Zones d’activités économiques (ZAE) serait de nature à nous privilégier dans la nouvelle mouture de la loi de finances 2010, car ce sont les bases foncières qui vont jouer à plein. Il faut aussi dire que le contexte n’était pas le même à l’époque : ainsi, une « fausse bonne idée » est devenue une chance pour l’avenir.

De même, et c’est un comble, les collectivités qui ont augmenté les impôts de manière importante sur les dernières années, seront « récompensées » lors du calcul de la compensation versée par l’Etat. En France, on favorise toujours les moins bons élèves, au détriment de l’excellence. C’est un fait !

Mais ce dynamisme va survivre quelques temps, puis il trouvera son terme avec la fin de l’urbanisation, faute de foncier disponible. Pendant ce temps, nos charges vont continuer à progresser et l’effet ciseau (dépenses/ressources) deviendra un couperet brutal.

Les effets d’une telle mesure sont considérables : l’annonce de la disparition de la TP a déjà incité les collectivités à revoir à la baisse leurs programmes d’investissement, un an avant l’entrée en vigueur de la mesure, car personne ne connaissait les modalités de son remplacement. Encore aujourd’hui, les informations changent toutes les demi-journées ! La vraie question qui se pose est celle du développement économique : c’est une véritable question d’aménagement du territoire. Pourquoi les collectivités continueraient-elles à produire des ZAE, donc in fine de l’emploi, alors qu’elles en assumeraient les charges de fonctionnement sans en avoir la richesse fiscale ?

Voilà une problématique d’ordre politique. La taxe foncière ne sera pas aussi dynamique que la TP. Il serait nécessaire d’avoir un débat sur ce point avec les parlementaires qui sont censés défendre nos territoires. Mais je deviens sourd ou bien le silence est assourdissant...

 

flechep.gif Cette réforme entraîne une autre conséquence. Nos principaux subventionneurs vont également subir les contrecoups de la disparition de la TP.
Le Conseil Général va quasiment disparaître du paysage et je ne sais pas encore comment les ressources de la Région vont être restructurées. Cela n’est pas neutre : les projets communaux peuvent bénéficier de 80% de subventions. Qu’adviendra-t-il de ces montages financiers ?

De plus, les lignes de crédits qui seront ouvertes dans l’avenir, vont être essentiellement liées à la « prime au logement ». Par exemple, le CPER (contrat de projet Etat Région), abondé de 61 millions d’euros pour Marne la Vallée, représentera la principale contribution de la Région sur les projets d’équipements de Bussy. Et ces sommes sont assises sur le nombre de logements construits. L’effet pervers d’une telle mesure saute aux yeux immédiatement : l’obligation de construire.

La réforme territoriale en préparation devrait répondre à cette question : cependant, en l’état des textes, elle tend à limiter le nombre des interlocuteurs, donc la logique de co-financement, ce qui, selon moi, est encore un contresens. Un financeur défaillant et nous pouvions négocier avec un autre, sur la même opération. Il n’en sera plus de même demain.

Cette incitation ne doit pas faire oublier toutes les questions liées à l’arrivée de nouvelles populations : les transports, les écoles, les équipements de proximité, etc. Comment, et avec qui, allons-nous traiter ces problématiques. Et avec quels financements ?

 

flechep.gif Autre incertitude, l’emprunt.
Notre capacité à emprunter est fortement remise en cause. L’accès au crédit s’est raréfié depuis la crise, les banques ne jouant plus le rôle de facilitateur de projet. De plus, la Commune étant déjà fortement endettée, le Préfet a pris la décision de stopper pour l’instant le recours à l’emprunt.

Je suis en désaccord avec la majorité lorsque celle-ci indique dans une tribune qu’elle « préférait l’emprunt à la dette ».  Affirmer ceci est nier le fait que l’emprunt d’aujourd’hui est la dette de demain. La solution ne se trouve donc pas dans cette affirmation. Ou alors à très court terme.

Il existe quand même sur ce point de bonnes nouvelles. Les marchés ne prévoient pas de relèvements significatifs des taux en 2010. La Banque centrale européenne pourrait maintenir son principal taux directeur à 1 % au premier semestre 2010.

De plus, la reconduction attendue de la mesure du remboursement anticipé du FCTVA en 2010 renforcerait cet état de fait. Cette disposition bénéficierait en effet prioritairement aux communes, en évitant un recours supplémentaire à l’emprunt donc à la dette.

 

rond-2.jpg Je considère que le BP 2010 sera quasiment impossible à faire, surtout si la majorité se contente de traiter les causes et non les conséquences. Elle pose les bonnes questions et ce, depuis le début. Mais elle n’en tire pas les conclusions qui s’imposent. Il faut aller plus loin, jusqu’au bout de la logique et jusqu’au bout des discours.

En effet, lors des périodes fastes, on peut se contenter de mesurettes qui font sourire mais qui ne règlent pas les problèmes de fond. Bussy a été gérée longtemps comme une administration de l’Etat : le déficit se creuse à toute vitesse, l’endettement s’affole, le budget s’effondre mais les responsables poursuivent leur politique sans se poser de question. Il y a bien quelqu’un qui demandera des comptes, un jour. En attendant,…

La majorité me dit qu’elle a tout tenté, qu’elle a optimisé les recettes et rationalisé les dépenses, que toutes les économies, y compris les petites, ont été enclenchées. Le Maire nous dit que les tournois de golf pour les Chinois ne seront plus pris en charge par le budget de la Mairie, que les voyages seront payés par le Maire lui-même, que les vœux seront annulés, etc. Je veux bien le croire et le prendre au mot.

Ces mesures sont nécessaires mais pas suffisantes, car elles ne sont pas à l’échelle du problème.

 

Nous sommes assis à une table de « poker menteur » : personne n’a toutes les cartes en mains, chacun y va de son bluff pour ne pas répondre aux vrais problèmes.

Eh bien, regardons-les en face. Je suis persuadé que la clef de notre sortie de crise est l’Etat et ses instruments d’aménagement. Dotons-nous des outils qui vont nous permettre de s’asseoir à la table avec de nouveaux atouts dans la manche.

Je vous en reparlerai le moment venu.

 

Enfin, j’estime qu’il faut créer une dynamique sur Bussy afin de traiter ce sujet de manière politique. Il faut porter collectivement ce dossier car les Buxangeorgiens ne nous pardonneraient pas cet atomisme. Je suis prêt à m’y inscrire et à être force de proposition. Dans le cas contraire, les enjeux sur Bussy étant d’une dimension nationale, surtout lorsque la ville aura atteint les 30.000 habitants, les appareils politiques vont venir dans le jeu, avec leurs machines de guerre.

Je le dis avec force : Bussy Gagnant n’acceptera ni une tutelle administrative, ni un protectorat politique !

 

Par Yann Dubosc - Publié dans : Finances - Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
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Commentaires

Quelle agitation de cette majorité pour construire le budget 2010 alors même que celui de 2009 est sous l'emprise de la CRC et pas bouclé car il manque quelques millions d'euros.
Question : que risque t-il d'arriver , dans la mesure ou l'emprunt est interdit car la dette de Bussy trop élevée, pour cette majorité ??? mais surtout pour les Buxangeorgiens.
Sinon votre billet est limpide , pas de langue de bois ...... celà nous change de tout ce que l'on peut lire sur les autres blogs.
Commentaire n°1 posté par et le budget 2009 ??? le 20/12/2009 à 11h52
Notre "chère" majorité muncipale ne risque rien : pas de cour de discipline budgétaire et financière en vue... Seul un Préfet censeur de la décision politique et les échéances électorales de 2014 comme épée de Damoclès ! En attendant, NOUS payons.
Commentaire n°2 posté par Liberté le 20/12/2009 à 14h17
Merci pour ces explications. Triste situation !
Sinon, génial le réveillon pour vous : un conseil municipal pour Noël. Est-ce que c'est pour organiser une crèche vivante municipale - qui fait qui ? (Ha, ha, ha !!!)
Commentaire n°3 posté par Buxangeorgien curieux le 21/12/2009 à 10h22
Je crois que vous avez raison de dire les choses : il est temps que tous les acteurs se mettent autour de la table. Attaquer la mairie seulement est une possibilité, mais ça ne fait pas avancer le schmilblik! D'autres doivent aussi assumer et je pense à l'Etat.
Comme pour Copenhage : assez de mots, de l'action!! Sinon, l'échec sera historique.
Commentaire n°4 posté par contribuable le 21/12/2009 à 11h51
Pourquoi l'état nous a-t'il laissé nous enfoncer dans la dette?
Pourquoi le préfet n'a-t'il pas sanctionné plus durement?
Pourquoi Bussy est encore ville nouvelle?
Pourquoi nos représentants nationaux n'ont-ils rien fait pour la ville?
E t pourquoi ce serait à nous de payer pour tout cel?
Commentaire n°5 posté par Pourquoi? le 21/12/2009 à 11h55
Peut-on savoir ce qu' a coûter  ? le site de la mairie pour le traduire en mandarin et en Anglais on parle de 50.000 euros ???

http://www.klekoon.com/boamp/boamp-appels-offres-creation-site-internet-ville-langue-chinoise-mandarin-langue-526102.htm

Encore des dépenses inutiles .............

En règle générale comment peut-on avoir accès aux détails de certaines dépenses de la commune ??? en autre en informatique car les dépenses engagées dans le budget me semble exhorbitantes pour une commube comme Bussy !
Commentaire n°6 posté par détails des factures ??? le 21/12/2009 à 14h48
un conseil municipal est prévu le 24/12 à 12h00... il se murmure que le paiement des salaires des employés de la ville serait bloqué en attendant la tenue de ce conseil... info ou intox ?
Commentaire n°7 posté par fonctionnaire le 21/12/2009 à 21h37
Qui va payer ? nous, évidemment et en particulier les classes moyennes et les personnes les plus démunies : les classes moyennes parce qu'elles ne bénéficient d'aucune aide et que leurs revenus sont en principe tous déclarés. Les plus démunis car il va bien falloir faire des coupes dans les services publics et aide de toute sorte. Qui va s'en sortir : toujours les mêmes. Pourquoi l'état ou son intermédiaire (le préfet) laisse faire : parce qu'il n'y a plus de sous, parce qu'ils ne sont pas personnellement touchés et parce qu'ils peuvent exercer des pressions (exemple logements contre subvention). Dans la situation actuelle, la municipalité n'a aucun moyen pour négocier. Pourquoi a t on laissé faire : pour les mêmes raisons. En conclusion : par leur porte monnaie, par des conditions de vie dégradées (comme le batiments du centre ville), par moins de services publics, par des hausses de tarifs, par... ce sont les buxangeorgiens, et eux seuls, qui vont subir.  Y a til des solutions ? peut être faudrait il commencer par étudier de près la gestion municipale : toutes les dépenses sont elles justifiées ? l'organisation est elle à améliorer, le fait de passer majoritairement par des sociétés privées est il vraiment rentable et efficace. En parlant d'efficacité : le fait de convoquer un conseil municipal le jeudi 24 décembre est il opportun ?
Commentaire n°8 posté par qui va payer les pots cassés le 22/12/2009 à 00h43
Le maire n'a pas beaucoup de marge de maneuvre et surtout ses réelles priorités ne sont pas celles de tous les buxangeorgiens. Entre la volonté de l'état via son préfet de construire à tout prix sur Bussy y compris les logements sociaux manquants, et celle des investisseurs chinois qui ont tant besoin de notre ville comme plateforme de leur logistique, culture, commerciale... Là aussi il y a des contreparties qui, avant de recueillir quelques recettes, font quelques dépenses:voyages qui parfois permet d'obtenir des sous pour... les pagodes, tournois golf et autres, équipements publics utilisés pour des manifestations diverses souvant payantes.  Mais heureusement que la transparence qui est une véritable qualité de l'actuelle municipalité permet une véritable information sur tous ces sujets.
Commentaire n°9 posté par un exemple de gestion le 22/12/2009 à 11h38
Tout le monde aura rectifié, le conseil municipal est prévu à 16h00.

Pour répondre au commentaire n°6
www.ville-bussy-saint-georges.fr/him/showpdf.aspx?pdf=marche_2006
Commentaire n°10 posté par fonctionnaire le 22/12/2009 à 14h05
Je viens de lire que le Maire convoque un Conseil Municipal le 24 décembre! Effarant... A moins que ce Conseil premette aux agents d'être payés pour Noël, ce qui en dit long sur l'état de nos finances.
Je propose que nous fassions appel aux réserves parlementaires, qui ne sont pas beaucoup utilisées par ici.
Joyeuses fêtes aux agents de Bussy, qui sont stigmatisés dans cette affaire honteuse de vol des recettes de la patinoire. Notre territoire, quelques soient les élus, fait très souvent la Une des journaux. Mais il y fait si bon vivre!
Commentaire n°11 posté par Père Noël le 22/12/2009 à 14h48
Lorsque je consulte les autres blog, dont certains ont cruellement besoin de celui des autres pour exister (!), je me dis que nous sommes tombés bien bas.
Je salue par contre votre action, de même que votre intervention au dernier Conseil, qui, de l'avis de tous, était digne d'éloge.
Bravo, continuez en politique!
Commentaire n°12 posté par Petite et grande politique le 23/12/2009 à 11h01
L’O.I.N.(Opération dite d’Intérêt National) c’est donc bien la volonté de l’Etat de construire des logements à Bussy.
Bussy représente à elle seule 3% des logements d'ile de France.
Ce projet s’inscrit (Il y a malheureusement plusieurs O.I.N. en Ile de France) dans une volonté étatique de transformer l’Ile de France en une mégalopole, s’étendant sans cesse, de plus en plus invivable où les espaces verts et les terres agricoles disparaissent les uns après les autres....alors que nos villes de province peinent à se développer. Il serait temps de prendre exemple sur nos voisins européens qui possèdent de nombreuses agglomérations dynamiques où il fait bon vivre et dont la population est comprise entre 2 et 6 millions d’habitants.


Commentaire n°13 posté par GB le 24/12/2009 à 13h46

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