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Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 10:10

wikileaksLa publication en ligne de 250 000 mémos de la diplomatie américaine, notamment sur certains chefs d’Etat, jette le trouble sur ce que doivent être, ou devraient être, les limites de la démocratie. En d’autres termes, doit-on tout dire à la population ?

Si ce site se contentait de « portraiturer » nos dirigeants, cela prêterait à sourire et la France, par exemple, accepterait les excuses du Secrétariat d’Etat américain. Mais ce site va beaucoup plus loin, dans la mesure où il publie des informations relatives à la guerre en Irak et en Afghanistan. La vie de centaines de personnes est en jeu !

 

Je crois, pour ma part, que la notion de « secret » a une valeur fondamentale pour la conduite de nos sociétés. Elle permet de mener des opérations de sécurité nationale et de protéger notre pays. Cela relève de la pleine responsabilité des dirigeants de notre planète. L’ancien Premier ministre, Jean-Pierre RAFFARIN a utilisé une métaphore sportive, précisant que dans les grandes compétitions sportives, le secret des stratégies est garanti par les dirigeants. 

Publier ces informations, brutalement, en plein conflit, peut représenter une atteinte à cette sécurité et mettre en danger la vie des soldats qui ont cette mission.

Ce genre d’information a besoin d’être étudié, analysé dans un contexte complexe pour des raisons bien évidentes de manipulation de celle-ci.

 

Mais le contraire est également très juste : livrer des informations permet un contrôle démocratique du peuple, surtout avec les moyens de communication dont nous disposons aujourd’hui. L’information peut faire pression sur les dirigeants, les obliger à dire, à faire, dans les limites de leur mandat. Nous avons élu nos représentants pour qu’ils prennent des décisions, de celles qui garantissent l’intérêt général. L’exemple contradictoire de la guerre en Irak est symptomatique : l’Amérique s’engage dans un conflit dont l’origine annoncée est la présence d’armes de destruction massive, qui s’avère être un mensonge d’Etat ; la France refuse cet engagement, dans la mesure où elle considère que ce mensonge d’Etat doit être dénoncé. Voilà un exemple de responsabilité politique.

 

La notion de secret d’Etat ne doit pas camoufler des intérêts privés, contraires à la chose publique. Telle est pour moi la limite de la démocratie.

 

Cela s’applique également aux affaires locales et communales.

Un élu municipal se doit de dire la vérité à ses concitoyens : la vérité sur l’augmentation des impôts, la vérité sur l’insincérité des différents budgets, la vérité sur les tentatives d’emprunt à l’étranger, la vérité sur les frais d’avocat et de conseils lancés tous azimuts, la vérité sur la suppression d’aides sociales (garde d’enfants), etc.

Le Maire nous doit directement des explications sur tous les sujets qui touchent à la vie quotidienne des Buxangeorgiens. Imaginez les conséquences si un WikiLeaks made in Bussy voyait le jour ! Non, je crois beaucoup plus à la transparence et à la responsabilité de notre majorité.

Telles sont les réflexions, chers blogueurs, qui me sont venues en lisant la presse quotidienne...

Par Yann Dubosc - Publié dans : Media - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
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