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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 19:58

J’ai été extrêmement peiné par l’annonce de la mort de Philippe SEGUIN. Ph. Séguin

Lorsque j’ai commencé en politique, en 1993, en participant à la campagne des législatives pour un député des Yvelines, le RPR était à son apogée.

Cette campagne avait engendré un véritable raz de marée de la droite : à l’époque, il y avait une dynamique politique, un chef, une idéologie, un esprit de groupe.

Les patrons du RPR avaient été invités à Sartrouville, ce qui m’avait donné l’occasion de rencontrer, pour la première fois, P. SEGUIN, A. JUPPE, C. PASQUA et Jacques CHIRAC.

Lors d’une réunion, j’ai eu la chance de pouvoir discuter quelques instants avec P. SEGUIN, moi jeune gaulliste militant, qui faisait le baptême du feu politique.

Cet homme m’a tout d’abord frappé par son discours : franc, honnête, direct, puissant. Ce sont des qualificatifs qui le définissaient parfaitement. Par la suite, son parcours a démontré que la liberté intellectuelle n’est pas un vain mot. Il a choisi sa voie et sa voix, comme un humaniste éclairé qu’il fut. Epicurien de la vie, il prenait un réel plaisir dans ses prises de paroles, il exprimait une vraie gourmandise des mots. Ce trait était parfaitement souligné dans l’émission rediffusée ces derniers jours et réalisée par son ami Serge MOATTI. Regardez son visage qui s’éclaire lorsqu’il sourit, entre deux colères, et vous trouverez l’homme.

Homme de combat comme, par exemple, dans la défense du « non » au traité de Maastricht, dans son face-à-face avec le Président MITTERRAND ; dans la campagne échouée à la Mairie de Paris ; dans son refus d’être ministre dans le gouvernement actuel, etc.

Quel homme politique refuserait aujourd’hui ce type de responsabilité pour rester dans ses convictions et être en harmonie avec sa conscience ? Il n’y en a presque plus.

En tant que Président de la Cour des Comptes, nous perdons un acteur fort du contrôle des dépenses publiques. Il connaissait bien, à ce titre, notre Commune pour avoir régulièrement émis des avis sur la façon dont le Maire et sa majorité mènent les affaires locales. Que va-t-il se passer, y aura-t-il un relâchement de cette saine pression qui pesait sur cette majorité ? La CRC sera-t-elle encore un partenaire attentif à la veille du vote du budget 2010, qui s’annonce calamiteux ? Voilà des interrogations qui naissent avec la disparition d’un homme intègre, d’un homme libre.

Par Yann Dubosc - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
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