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Dimanche 5 décembre 2010 7 05 /12 /Déc /2010 13:53

ets-2010.jpgJe viens de passer deux jours à Strasbourg, dans le cadre de la rencontre annuelle des décideurs locaux, élus et dirigeants. Outre le froid intense et la magnifique cuisine alsacienne, je me suis attaché à me rendre aux ateliers liés aux réformes qui ont touché les collectivités territoriales depuis ces quelques mois.

 

Le fait « intercommunal » est entré de plein fouet dans le débat politique, tel un « sauveur » des communes, notamment celles en difficultés. Bien évidemment, le problème est beaucoup plus complexe, puisqu’aux « millefeuilles » institutionnels, s’est substitué un millefeuille intercommunal, dont on ne sait encore dire s’il sera plus efficace.

 

Ce qui m’a beaucoup plus intéressé, et vous pouvez vous en douter, relève plus des finances publiques. J’ai ainsi passé de longues heures à écouter les différents intervenants qui se sont succédés et qui ont tous dit que les collectivités territoriales devaient agir autrement dans leur gestion.

Deux mots sont rapidement apparus : efficience et efficacité. Deux mots d’autant plus importants qu’ils donnent une connotation aux orientations de l’Etat en la matière. Lutte contre les déficits, retour à l’équilibre budgétaire tout en conservant l’autonomie des collectivités, inscrite dans la constitution.

 

Qu’est-ce que cela signifie ?

 

Tout d’abord, les collectivités doivent établir des outils de gestion moderne, allant de la comptabilité analytique (combien coûte un bâtiment municipal, par exemple, en prenant son amortissement, les contrats d’entretien, les coûts d’électricité, les agents qui y travaillent, etc.), une vision de « compte d’exploitation » sur certaines prestations, une anticipation des dépenses (Plan Pluriannuel d’Investissement, Autorisation de Programme - Crédit de Paiement), une meilleure estimation des recettes aux projets afin de caler l’endettement nécessaire, une structuration dynamique de la dette, etc.

 

Les exemples ne manquent pas d’outils, souvent issus du privé, qui peuvent aider les décideurs publics à rationnaliser leurs dépenses et optimiser les recettes. J’ai beaucoup apprécié les interventions de mes collègues suisses et allemands qui ont fait des efforts importants en un temps surprenant, obligeant l’échelon local, communal, à équilibrer ses comptes avant de penser à l’impôt.

 

J’ai beaucoup pensé à notre commune pendant ces deux jours, car chaque intervention, chaque idée émises, renvoyaient au contre exemple systématique de la Ville de Bussy. La majorité actuelle prend le problème dans l’exact sens contraire : d’abord les impôts comme variable d’ajustement, puis ensuite les mesures. D’ailleurs, celles-ci sont tellement anecdotiques qu’elles en deviennent risibles.

Le Maire s’apitoie sur lui-même, il frôle la dépression en précisant qu’il a pensé à démissionner. Cela aurait été non pas une fuite mais un sens des responsabilités...

Il y a des économies importantes à faire (frais d’avocat, par exemple) avant de toucher aux prestations de la collectivité (suppression des aides à la garde d’enfants). Lorsque l’on met les deux en parallèle, on est outré !

 

J’attends, comme élu de l’opposition, comme citoyen et, accessoirement contribuable ( ! ), un plan de rigueur qui commence par la réduction du train de vie de la commune (qui passe un marché pour légitimer les voyages des élus), qui rationnalise les coûts véritables des services à la population avant de « taper » dans la police municipale, comme cela, au hasard, par tirage au sort sans doute.

La mairie découvre les bienfaits de la gestion et de la préparation budgétaire, ce que toutes les collectivités de France font depuis des années.

 

Bref, ce recul de quelques jours m’a encore une fois confronté, si besoin en était, au fossé immense qui existe entre la réalité et la politique du Maire en matière de finance publique. Il est temps que cela cesse, vraiment, et que le Maire comprenne que nous ne le laisserons pas faire.

Il évoque dans un édito larmoyant sur le site de la ville qu’il tentera encore de procéder à de nouveaux emprunts pour investir. Ma réponse est claire : comme pour l’emprunt de 22 millions à Dubaï, Bussy Gagnant l’en empêchera. D’ailleurs, nous nous appuierons sur les conclusions de la CRC qui n’autorise, afin de ne pas accentuer une dette déjà asphyxiante, que 500.000€ d’emprunt. Nous ferons casser ces décisions ahurissantes en justice s’il le faut.

 

Chers blogueurs, je crains fort qu’il n’y ait pas de trêve de Noël à Bussy cette année, car la situation est trop grave et le Maire ne semble pas en prendre encore conscience. Un article dans le Parisien revient dessus. Je crois que les Buxangeorgiens réagiront lorsqu’ils recevront pour le nouvel an leur feuille d’impôt, payable au 15 février, en même temps que le premier tiers de l’impôt sur le revenu !

Par Yann Dubosc - Publié dans : Finances - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
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