Vie économique et sociale


Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /2010 13:39

En tant que citoyen électeur, je m’intéresse à la vie des institutions politiques françaises et, pourIdF l’heure, à la Région.
Au-delà des clivages politiques, il est intéressant de comprendre les « ressentis » des acteurs de la vie régionale, et notamment des chefs d’entreprises. En période électorale, où chaque candidat attaque et contre-attaque au gré des polémiques, plusieurs articles de fond ont été consacrés au regard que portent les responsables des TPE (très petites entreprises, de moins de 20 salariés), formant l’essentiel du tissu économique, sur le bilan de l’action régionale.

 

Comme je le précisais dans mon précédent billet, la Région exerce une compétence liée au développement économique.


Les chefs d’entreprises de ces TPE jugent globalement que les actions des régions sont « utiles » et « bonnes » sur le plan économique, mais que celles-ci sont souvent « trop bureaucratiques ». Je crois que ce constat peut être fait sur de nombreuses actions administratives.

Ce qui est intéressant, c’est la mise en perspective de l’action régionale par rapport à l’action de l’Etat.

A cet égard, les patrons de TPE jugent positivement l'action économique de leur conseil régional. 54% assurent qu'il «prend les bonnes décisions pour le développement économique», selon le Figaro, même « s’ils jugent également les conseils régionaux trop éloignés de leurs préoccupations ». Mais « seuls 3% des patrons de très petites entreprises (TPE) jugent que le gouvernement est à leur écoute, selon une enquête Ifop. Pour neuf patrons de TPE sur 10, les réformes engagées par Nicolas Sarkozy profitent aux grandes entreprises et seuls 18% d'entre eux déclarent en retirer des bénéfices ».
Souvent, les TPE considèrent que l’attention des politiques est plus tournée vers les entreprises plus grandes que vers elles. Créatrices d’emplois et de richesses, elles se sentent isolées dans le discours politique, alors que l’essentiel de l’emploi créé relève de leur capacité à survivre dans le contexte de crise économique internationale.

Je souhaitais donc, à une semaine des élections, relater cette information, donner la parole à ces femmes et hommes qui constituent la richesse d’une Nation. L’entreprenariat est en crise : le Président de la République l’a rappelé lors de ses cérémonies de vœux. La force d’un Etat se mesure aussi à sa capacité d’innover, de créer de la richesse et des emplois, à l’esprit de pionnier des entrepreneurs. Le développement durable est une source considérable de création de richesse pour tous et les petites entreprises sont en première ligne. Je crois profondément à l’intelligence de l’homme et à celle de l’économie.

Bussy ne fait pas exception à ce courant : les entreprises sont dynamiques et le contexte de tertiaire qui se développe ne peut qu’être profitable. Cependant, ce dynamisme se fait couper les ailes par la suppression de la taxe professionnelle : la collectivité doit inventer une nouvelle forme de développement. La Région, entre autres, le Département et Bussy également, peuvent jouer un rôle important en tant que facilitateur, financeur et accompagnateur des projets des entreprises.
Il est vrai que, paradoxalement, la ville de Bussy n’a pas de politique cohérente en matière de développement économique : les TPE de la zone artisanale du Village/Violennes vont disparaître dans la mesure où la zone a été laissée à l’abandon, en vue de leur faire quitter les lieux. La Ville va donc préempter ce foncier afin de faire des logements. Le commerce de proximité du centre ville souffre, certains commerçants ont mis la clef sous la porte. Quelle stratégie économique est envisagée ? Pour le moment, j’attends les propositions de la majorité municipale.

Les collectivités territoriales sont de vrais partenaires pour les entreprises. Je souhaite sincèrement que l’Agence de Développement Economique de Bussy soit un relais entre la Commune et le monde économique, en évitant le plus grand des écueils, la « technocratisation ».

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie économique et sociale - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 17:55

Je me suis toujours passionné pour les études liées à la sociologie des populations. Elles sont une source inépuisable de renseignements pour les décideurs et, plus particulièrement, les politiques.

J’avais déjà, sur mes précédents billets, traité de l’impact de la crise mondiale sur la société française, ayant pour conséquence, entre autres, la « paupérisation » de la classe moyenne.

Souvenez-vous : la campagne présidentielle avait été axée sur cette thématique et le candidat, Nicolas Sarkozy, s’était proclamé Président du pouvoir d’achat. Cependant, la crise est passée par là entre temps et, à mi-mandat, une étude de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social a été rendue publique en septembre et une autre de l’INSEE vient d’être produite le 17 novembre.

 

Globalement, le pari politique du Président de la République est gagné, mais les situations individuelles des Français restent très contrastées.

En effet, les inégalités sociales sur le prisme du niveau de vie baissent, en moyenne. Il a été constaté que les écarts entre 10% des Français les plus riches et 10% des plus pauvres ne cessent de diminuer ces dernières années, grâce à une augmentation constante du niveau de vie.

Cependant, seulement 36% des français estiment avoir un niveau de vie relativement stable. A contrario, 1 français sur 3 a vu sa situation subir des variations d’au moins 30%, à la hausse comme à la baisse, selon le Monde. Ce point est considérable : des situations de chômage, de divorce, de retraite, etc. peuvent expliquer ces écarts importants.

D’autres chiffres intéressants de cette étude : 20% des ménages aisés disposent de 40% du revenu disponible, les 20% des plus modestes s’en partagent 8%.

 

Enfin, la classe moyenne a vu sa part de niveau de vie baisser de manière très sensible. Cela s’exprime par « un rattrapage par le bas et une distanciation par le haut ». Il s’agit bien, dans cette réaction, de l’expression d’un profond malaise, lié à une certaine forme de dissolution des repères. Il avait été dit que « l’ascenseur social» ne fonctionnait plus, aujourd’hui sa mécanique est grippée.  

 

Qu’en est-il à Bussy ? Comme dans toute ville de France et de Navarre, la crise est passée à Bussy en faisant les dégâts que nous connaissons. Contrairement à ce que certains voudraient bien nous faire croire, il n’y a pas que de « riches » habitants buxangeorgiens. Il y a également des difficultés sociales qui restent encore, pour moi, complexes à envisager car nous n’avons pas de données transmises, notamment via l’analyse obligatoire du CCAS. Dans les rencontres que j’ai, à titre personnel ou via les remontées que l’on me fait par mon équipe, je constate que la situation évoquée par l’étude de l’Insee est reportable : les proportions peuvent varier entre les « plus riches et les plus pauvres », mais la classe moyenne souffre à plusieurs niveaux.

 Tout d’abord, elle s’est beaucoup endettée pour s’éloigner de la première couronne, devenue inabordable, et trouver une relative qualité de vie. Cependant, elle souffre d’une raréfaction des services ainsi que d’une saturation des transports pour se rendre à Paris.

Elle est également touchée de plein fouet par une augmentation constante des impôts qui la pousse à revoir ses équilibres budgétaires (et pour certains à revenir en petite couronne).

Un accident de la vie et c’est la catastrophe : une femme divorcée avec enfant peut rester difficilement sur la ville, sauf de pouvoir intégrer un logement social, dont la pénurie est aujourd’hui criante.  Un salarié qui se retrouve au chômage ne pourra pas trouver facilement un emploi dans l’Est parisien, l’essentiel des pôles économiques majeurs de tertiaire étant à l’ouest. Et le coût des transports n’est pas négligeable dans l’économie familiale…

 

Les entreprises ont également enduré cette crise : des enseignes ont fermé, d’autres sont en souffrance et je pense que la création de l’Agence de Développement Economique de Bussy, dans laquelle l’opposition est présente et très active, pourra faire des bilans importants.

 

Pour conclure, Bussy va sortir fragilisée de la crise dans un contexte budgétaire extrêmement préoccupant. Les Buxangeorgiens vont devoir participer financièrement, encore et encore, par leurs impôts, afin de maintenir un minimum de services de proximité. Demain, la perte du revenu de la taxe professionnelle, les nouvelles contraintes liées à la réforme territoriale, les impacts budgétaires qui vont en découler, me font craindre des « dommages collatéraux » sur ces populations déjà fragilisées, qui ne pourront subir une seconde vague d’une crise, interne, cette fois-ci.

 

J’invite la majorité à bien peser les décisions politiques qui vont se prendre dans les semaines qui viennent, comme par exemple le lancement de la ZAC du Sycomore, ou bien la régularisation de nos relations avec les partenaires, notamment avec l’EPAMARNE. Il y a bien des choses à revoir…

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie économique et sociale - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 18:12

Avec ce titre provocateur, je voulais lancer un pavé dans la marre.

Le monde a réussi à mobiliser son énergie pour sauver le système bancaire, qui le lui rend bien en reprenant la spéculation là où il l’avait laissée avant la crise et, en distribuant des bonus qui pourraient nourrir une partie de la planète. Je me souviens d’un produit financier d’une banque belge qui proposait à ses clients de spéculer sur les denrées alimentaires, ceci en pleine « émeute de la faim »…

 

Je ne fais pas de l’angélisme mais ces injustices me révoltent. J’ai regardé une publicité sur le FAO (Food and Agriculture Organization) où son Directeur général, Jacques Diouf, égrène six secondes et, à la fin de ce compte à rebours, précise qu’un enfant est mort de faim. Il ajoute que nous avons les moyens techniques de mettre fin à ce massacre… Mais quasiment aucun président du G8 n’était présent à la dernière conférence de la FAO !

En effet, le 16 novembre, se tenait à Rome le sommet mondial sur la sécurité alimentaire : le Secrétaire général des Nations Unis, Monsieur Ban Ki-Moon a qualifié la crise alimentaire actuelle de « sonnette d’alarme pour demain».

La crise mondiale va non seulement renforcer les clivages existants dans les pays déjà touchés mais également dans ceux qui se croyaient à l’abri. Le récent rapport du Secours Catholique, ainsi que les constations des différentes associations d’aide aux démunis tirent également cette même sonnette. Certes, en France, on ne meurt pas de faim, mais la malnutrition touche aujourd’hui des enfants de notre pays.

 

Je crains fort que dans le contexte actuel, où l’Etat se désengage des politiques sociales en en faisant reporter la responsabilité sur les collectivités, que la situation des plus fragiles ne se détériore. La misère ne frappe plus exclusivement les couches populaires : la classe moyenne est affectée de manière inquiétante et silencieuse.

Que vont devenir les femmes seules avec enfants, les cinquantenaires mis au chômage, les séniors, les jeunes sans diplôme, etc. ? La liste est bien longue et les solutions proposées désuètes.

 

A mon simple niveau de citoyen de Bussy Saint Georges, ayant la chance de ne pas me trouver dans cette situation, je consacre une partie de mon temps libre (eh oui, il y en a encore un petit peu !) non pas à voyager dans le monde à la recherche de l’emprunt perdu, mais à une association de personnes handicapées qui tentent de se réinsérer dans la vie active. Elles aussi sont fragilisées par un monde qui les ignore, voire les méprise, et je consacrerai un autre billet à ce sujet.

Faire de la politique, c’est aussi s’engager dans des actions utiles, fortes, peut-être symboliques, mais porteuses de sens. Je laisse bien volontiers à mes détracteurs(« euses ») le soin de réfléchir à cette affirmation : “Il n’est pas possible de continuer à accepter l’opulence et le gaspillage quand le drame de la faim prend des dimensions toujours plus grandes.” (Sa Sainteté Benoît XVI). Appliquer cela dans notre vie quotidienne et dans notre vie politique locale serait faire preuve d’un remarquable exemple. Mais…

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie économique et sociale - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 09:22

Il est des instants dans la vie quotidienne empreints d’une certaine morosité, tout de même teintée d'optimisme.

Il semblerait que des signes de reprises soient perçus par les acteurs économiques eux-mêmes. Sans tomber dans un autre extrême que celui de la peur générée par certains hommes politiques et médias, la courbe est en train de s’inverser. Cependant, la croissance reste à un niveau bas mais sans se dégrader.

 

Dans le titre de ce billet, je parle de prix à payer. Les Buxangeorgiens le savent bien, cette crise va se payer dans tous les secteurs de notre vie. A commencer par les impôts locaux : il n’y aura pas que la part « communale » de nos impôts qui va augmenter. Celles de la Région et du Département vont suivre la même inflexion, mais pour des motifs différents. L’Etat, également, dont le déficit record de 2009 va avoir pour conséquence une taxation tous azimuts afin d’apporter un peu d’oxygène aux dépenses publiques.

 

Attentif, depuis que je suis immergé dans la chose publique, je regarde l’évolution du tissu économique de notre département ainsi que celui de notre bassin de vie à Bussy. Les entreprises sont confrontées à une crise sans précédent, touchant essentiellement leur trésorerie et leur stock, ayant un impact direct sur les fournisseurs. De ce fait, les effectifs sont à la baisse avec une conséquence immédiate et sûrement durable : la disparition totale, dans certaines activités, du travail intérimaire. L’un de mes amis travaillant dans cette branche, chez l’un des leaders mondiaux de l’intérim, me disait qu’ils se diversifiaient dans des "produits ressources humaines" afin de survivre sur le marché. De ce fait, les jeunes et les seniors sont les plus touchés : la diminution de l’apprentissage de 40% obère gravement l’avenir de centaines de milliers de jeunes sur le marché du travail. Les seniors font l’objet d’un plan spécifique imposant aux entreprises de présenter un bilan des actions en faveur de ces femmes et hommes avant la fin de l’année (sous peine de verser une pénalité correspondant à 1% de la masse salariale).

 

Je ne sais pas comment cela se perçoit au niveau du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de Bussy, alors même qu’une analyse annuelle des besoins sociaux est obligatoire. Il n’en est pas moins vrai que l’aide alimentaire a augmenté de 28% au niveau national et que 19 % des nouvelles demandes émanent de personnes jusque là inconnues des CCAS.

J’ai évoqué dans de précédents billets les risques de paupérisation de la population : qu’en est-il pour notre ville ? Quel est le bilan social avant l’arrivée d’une population ciblée par le logement social ? Comment la Ville répondra aux demandes sociales fortes ?

 

L’amorce de reprise économique n’est pas suffisante pour compenser une facture sociale explosive. Alors, les mesures visant à réduire le remboursement des médicaments, à instaurer la taxe carbone,  à augmenter les impôts locaux, à ne pas juguler l’inflation, à ne pas lutter contre l’augmentation des prix des produits de première nécessité ne vont qu’accentuer le vide social dans lequel nous nous glissons.

 

La France est un pays de solidarité que le monde entier envie. Je souhaite que nos politiques tirent les leçons de cette première grande crise mondiale du XXIème siècle, qui ne sera probablement pas la dernière. Il ne faut pas  s’arrêter au traitement des bonus des traders, même si cela est nécessaire. Ce n’est pas suffisant. Le sommet du G20 et la conférence de Pittsburgh doivent agir pour une réglementation de l’économie : les avantages accordés aux uns (prêt d’argent public aux banques, baisse de la TVA dans certains secteurs, etc.) n’ont engendré aucun avantage pour les autres. Les plus nombreux. Les oubliés de la crise.

 

Par Yann Dubosc - Publié dans : Vie économique et sociale - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

A retenir

8-14 mars :
Semaine nationale de lutte contre le cancer

13 mars :
L'espace fantastique fête son carnaval
15h : défilé Grand'Place / Place de Verdun


14 mars :
1er tour des élections régionales


15 mars :
Journée nationale des droits des consommateurs

18 mars :
Conseil municipal - 20h30


20 mars :
Journée mondiale du Conte
Journée internationale de la francophonie

21 mars :
2e tour des élections régionales
Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale
Journée mondiale de la Poésie

22-26 mars :
Semaine européenne de l'énergie durable

Flux RSS

  • Flux RSS des articles
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés