Partager l'article ! Son KOU : "Mes 48 premières années": Je suis né en 1960 à Saigon (ex-capitale du Sud Vietnam devenue depuis Hochiminh Ville) d'une mère viet ...
Je suis né en 1960 à Saigon (ex-capitale du Sud Vietnam devenue depuis Hochiminh Ville) d'une mère vietnamienne et d'un père
cambodgien. La nationalité cambodgienne, que j'ai héritée de mon père, m'a permis d'être accepté dès l'école maternelle dans les établissements français de Saigon réservés aux étrangers.
Je n'ai connu que la guerre pendant mes 15 premières années. A Saigon, nous avons été assez épargnés par les méfaits et les privations de la guerre sauf en 1968 où le soulèvement par surprise des
Viet Cong a menacé la capitale même. Je me souviens de ces nuits où tapis sur la terrasse de notre immeuble, nous assistions fascinés, et un peu effrayés, aux combats aériens entre les
hélicoptères et les missiles : alors que la guerre aurait dû être une chose horrible, ce fut pour nous, enfants, un spectacle grandiose, palpitant car pour une fois, ce n'était plus une fiction
mais la vie, la vraie vie, … enfin la vraie mort aussi.
Ma qualité de cambodgien au Vietnam m'a servi une seconde fois lorsque j'ai pu quitter légalement le pays en 1976 un an après la chute de Saigon (qui signa la fin de la guerre),
échappant au triste sort des boat-people. Un an au cours duquel j'ai appris ce qu'est un régime totalitaire et ce que signifient l'absence de liberté d'expression, l'autocensure permanente que
même un adolescent doit exercer pour protéger les siens et lui-même. Je n'avais que 16 ans, j'ai quitté le Vietnam seul. Je n'ai revu ma mère et mon frère que 14 ans plus tard.
La France était ce pays de cocagne dont j'avais rêvé toute mon enfance, mais l'image que j'en avais se résumait à une photo représentant des jets d'eau jaillissant d'une fontaine de la place de la Concorde. Grâce à l'école publique et gratuite héritée de Jules Ferry et devenu boursier et pensionnaire, j'ai terminé mes études secondaires, enchaîné avec Maths Sup et Maths Spé pour finalement obtenir mon diplôme d'ingénieur de l'Ecole Centrale de Paris en 1983. Toute proportion gardée, quand le Président de la République a rappelé ce qu'il devait à la France, c'est une parole qui m'a parlé et à laquelle je souscris. Nous, Français, avons un immanquable talent d'autodénigrement : nous broyons plus volontiers du noir alors que nous avons tant de raisons d'être fiers de notre pays, de notre culture, de notre façon d'être.
Aujourd'hui, je suis marié et père de 3 enfants. Nous avons décidé de nous installer à Bussy en 1993 après la naissance de notre fille aînée afin de nous rapprocher de mon lieu
de travail. Comme beaucoup, nous avons aimé le cadre verdoyant de cette petite commune tranquille.
De 1998 en 2001, j'ai été conseiller municipal délégué à l'animation dans l'équipe Rondeau I. Je me souviendrai toujours de la première fête de Noël où j'ai fait
venir des saltimbanques, des clowns, des jongleurs qui ont fait vibrer les habitants et la Grand Place. Il y a aussi ce concert organisé à l'église Notre Dame du Val destiné à
collecter de l'argent pour venir en aide aux réfugiés du Kosovo. Grâce aux connaissances des uns et des autres, nous avons réussi à faire venir de nombreux musiciens professionnels qui ont tous
joué bénévolement pour la bonne cause. C'est également à cette période que j'ai lancé la première Virade de l'espoir, destinée à collecter des fonds pour la lutte contre la
mucoviscidose – manifestation qui, depuis, a lieu chaque année grâce au concours des bénévoles.
Je n'oublierai pas non plus les premiers contacts noués avec les habitants de la ville de Radcliffe-on-Trent et le scellement du jumelage franco-anglais qui s'ensuivit : un jumelage qui était très demandé par la population compte tenu de la place prépondérante qu'occupe la langue anglaise dans le monde.
De cet engagement, je ne renie rien : mon épouse et moi-même avons beaucoup donné de nous-mêmes pour la commune et j'ai souhaité me retirer de la vie
politique locale en 2001 pour me recentrer sur ma famille. A l'époque, j'étais loin d'imaginer ce qui allait arriver.
Je suis néanmoins resté présent dans le milieu associatif : c'est ainsi que nous avons fondé en 2001 l'association "les Amis de Racliffe-on-Trent et Holme Pierrepont" (ARH) destinée à animer le jumelage entre Bussy et ces 2 villes anglaises, puis un peu plus tard l'association "Art et Regards" qui dispensa pendant quelques années des cours d'arts plastiques aux adultes comme aux enfants.
J'ai pu également pendant cette période retourner à la passion de ma vie : la musique classique en général et le violon en particulier. Je fais bien volontiers mienne cette formule bien connue de Nietzsche "Sans la musique, la vie ne vaut rien". A 13 ans, j'ai voulu jouer du violon, mais après un mois d'apprentissage, mon entourage a trouvé le son d'un violoniste débutant insupportable ; j'ai donc dû me résigner à arrêter d'en jouer. Mais le violon ne m'a jamais quitté, c'est ainsi que j'ai repris des leçons à 22 ans. Aujourd'hui, je fais partie de l'Union Musicale de Lagny, une formation symphonique amateur, au sein de laquelle j'ai beaucoup de bonheur à partager de réels moments d'émotion, de beauté et de communion.
En 2005, je suis revenu dans la sphère politique lorsque mon amie, Nabia Pisi, conseillère municipale de l'opposition, m'a alerté sur les projets de bétonnage de l'espace
vert autour du Golf Hôtel et m'a convaincu qu'il fallait réagir vite. Après un combat acharné et grâce à la mobilisation massive des riverains, nous avons réussi à faire reculer la
municipalité sur ses projets d'urbanisation. Je n'ai jamais douté de la justesse de notre cause et de l'absence totale d'intérêt de ces projets. Une chose est sûre : ils ne profitent pas aux
habitants. Je ne pouvais m'empêcher de me rappeler les tracts que nous avions distribués en toute sincérité pendant la campagne électorale de 1998 pour dénoncer les velléités de bétonnage de M.
Ménager…
En 2007-2008, avec toute l'équipe Bussy Gagnant conduite par Yann Dubosc, nous avons construit un projet alternatif pour les Buxangeorgiens
dans le cadre des élections municipales 2008. Mais les habitants en ont décidé autrement, nous verrons ce que nous dira l'avenir.
Quant à moi, je resterai fidèle aux électeurs qui nous ont fait confiance et je suis résolu à défendre inlassablement l'intérêt des Buxangeorgiens coûte que
coûte.
Commentaires